Les immortels s’inclinent devant la féminisation des métiers

Les ambassadrices et les avocates vont être honorées. La très misogyne Académie française va enfin féminiser les noms de métier. En Belgique, c'est fait depuis 1993.

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Après des décennies de résistance, l’Académie française baisse enfin l’échine. Les immortels vont accepter la féminisation des noms de métiers. C’est l’Express qui l’annonce en France. On ne connaît pas encore les détails ni la justification de cette nouvelle position.

Mais en réalité, comme le souligne le linguiste belge de l’UCLouvain Michel Francard, « l’Académie française joue les carabiniers d’Offenbach ». Le Québec a adopté en 1979 la féminisation des métiers. Le canton de Genève l’a fait en 1988. Et la communauté francophone de Belgique en 1993. « D’ailleurs même en France une circulaire datant du 29 février 1986 prescrivait déjà la féminisation des noms de métiers dans les textes officiels. Mais l’Académie l’avait battue en brèche, ce qui en avait limité l’application concrète. »

Parce que doctoresse rime aussi avec princesse

Depuis lors, le débat revient périodiquement sur la table. Des arguments assez bas de gamme ont été entendus. Ainsi, doctoresse rimerait avec fesse et écrivaine avec vaine. Comme si doctoresse ne rimait pas autant avec princesse et écrivain avec vain. Entre-temps, les professeures, les députées et les informaticiennes sont entrées dans la langue, dans les journaux et même dans les dictionnaires. « Le principe général est déjà bien dans les mœurs. Si l’Académie a mis autant de temps, c’est par misogynie. Depuis des siècles, elle pratique une discrimination systématique des femmes », note Michel Francard. L’Académie s’incline donc devant l’usage dont elle se targue d’être la gardienne devant l’éternel.

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