Trois raisons pour lesquelles Charles Michel redevient président de parti

Le choix est inédit et pour le moins curieux. Charles Michel va cumuler la fonction de Premier ministre avec celle de président de parti tout en étant candidat tête de liste pour le Brabant wallon à la Chambre. En Flandre, certains disent qu'il veut être le roi. Pourquoi ce choix ?

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L’heure électorale a sonné

Charles Michel ne compte-t-il donc que sur lui-même pour tenter de faire mentir des sondages dans lesquels le MR est à la peine ? Ne croit-il qu’à ses talents de persuasion pour arrimer une ligne politique divisée en interne sur les questions climatiques ? La seule valeur sûre du parti des bleus francophones n’est-elle que Charles Michel en personne ? Les critiques se sont faites entendre dès l’annonce de ce cumul de président de parti avec la fonction de Premier ministre. Ecolo a persiflé qu’après le demi-gouvernement, la Belgique se voyait dirigée par un Premier ministre à mi-temps. On ajoute cette particularité : depuis novembre, le Premier ministre est censé être asexué linguistiquement parlant. Trève de plaisanteries, fussent-elles en affaires courantes, l’heure électorale a sonné. Les codes et usages n’ont pas résisté à la fièvre d’une campagne qui s’annonce rudement difficile.

Chastel, son équilibre familial et son match avec Magnette

Que s’est-il joué en coulisses pour en arriver là ? Beaucoup de discussions, d’abord. Ensuite, Olivier Chastel, une fois placé en tête de liste pour l’Europe, n’a pas souhaité cumuler les fonctions. Éternel bras droit de Charles Michel, Chastel a aussi toujours rigoureusement géré son travail en conservant du temps pour sa vie familiale. Une fois candidat pour l’Europe, il n’a voulu faire qu’une chose à la fois. Cela lui permettra aussi d’être l’adversaire direct d’un autre carolo, Paul Magnette, qui se présente aussi à l’Europe… en étant « porte-parole » du PS en même temps.

Michel, sa responsabilité et son match avec lui-même

Entre le 16 rue de la Loi et la Toison d’Or, entre le bureau du Premier et celui de la présidence du parti, il y a toujours eu une ligne directe. Chastel s’est révélé d’une loyauté sans faille. On ne lui connaît aucune initiative qui n’aurait été concertée ou adoubée par Michel. Qui pouvait reprendre ce rôle en or ? Charles Michel a estimé que c’était lui-même en personne qui le pouvait le mieux. Et puis, Charles Michel incarne le MR. Il ira donc à présent défendre comme un grand le bilan de son propre gouvernement. Si aux yeux des uns il se dédouble, lui se déclare « un et indivisible. Il veut être « le leader politique de son parti ». Plutôt secret et ultra prudent, Charles Michel ne fait confiance qu’à un entourage très restreint et à lui-même.

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