« Parent 1 ou 2 » au lieu de « père et mère » dans les formulaires scolaires français

En France, les formulaires scolaires seront amenés à remplacer les cases « père » et « mère » par « Parent 1 » ou « Parent 2 » dans le but de mieux représenter les nouvelles constructions familiales.

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Mardi, l’Assemblée nationale française votait un amendement favorable à la reconnaissance des familles homoparentales dans les formulaires scolaires. Les cases à cocher « père » et « mère » seront donc remplacées par « Parent 1 » et « Parent 2 ». Cet amendement est porté par la député LREM Valérie Petit dans le cadre du projet de loi « pour une école de la confiance ». « Il vise à ancrer dans la législation la diversité familiale des enfants dans les formulaires administratifs soumis à l’école » explique-t-elle. Et comme prévu, les réactions ont fusé. L’initiative a évidemment ravivé la colère des partisans de la Manif pour tous. Sa présidente, Ludovine de la Rochère qualifie ce texte de « déshumanisant », estimant qu’il participera à la perte de repère des enfants. Elle a été rapidement suivie par Alliance Vita, association anti-avortement et anti-mariage pour tous, qui a appelé les parents à boycotter les nouveaux formulaires scolaires. Fustigé ensuite par la Conférence des Evêques, ainsi que par la droite et l’extrême droite, qui y voient le sacre d’un certain lobby bobo-bienpensant (ça faisait longtemps), le texte a également divisé au sein de La République en Marche (LREM), ayant d’ailleurs été voté contre l’avis du gouvernement.

Mais d’autres se sont réjouis de cet amendement. C’est le cas de la FCPE, la fédération nationale de parents d’élèves, qui a applaudi la décision de l’Assemblée. « C’est une très bonne chose, ça tient compte de l’évolution des situations familiales. Ça rentre en résonance avec la loi votée sur la lutte contre le harcèlement, car souvent les situations de harcèlement d’enfants visent des enfants ne rentrant pas dans les cases » a déclaré Rodrigo Arenas, président de la FCPE. Les associations françaises de défense des droits de la communauté LGBTQ se sont elles aussi félicitées du vote, malgré la petite nuance apportée par l’Association des familles homoparentales (ADFH). Elle tempère quelque peu l’enthousiasme, estimant que si l’amendement « permet à nos familles de pouvoir être incluses dans des formulaires qui jusque-là ne le permettaient pas », elle craint une hiérarchisation provoquée par la numérotation des parents. Elle propose alors un système les désignant sous le simple terme « parent » et d’ajouter une case « titulaires de l’autorité parentale » pour les enfants qui n’ont ni père ni mère.

Pas une décision anecdotique

Une hiérarchisation que réfute l’association Arc-en-ciel Wallonie. « La numérotation des déclarants se fait déjà dans de nombreux documents, y compris pour identifier les enfants d’une famille » signale Arnaud Arseni, chargé de projet. A côté de combats comme le mariage ou l’adoption, le sujet paraitra probablement anecdotique à une partie de la population. Les nombreuses réactions ironiques tendent effectivement à prouver qu’encore peu de personnes appréhendent l’enjeu qu’une telle évolution peut constituer. « Il s’agit d’une reconnaissance importante pour les familles homoparentales, mais également pour les enfants nés via GPA (Gestation pour Autrui) ou via PMA (Procréation médicale assistée). Il n’est bien entendu pas question de remettre en cause les notions de « père » et de « mère » mais on estime que cette initiative est en accord avec l’évolution des mœurs. Cela peut paraitre léger comme combat mais il permet une meilleure inclusion. »

Et chez nous, dépoussiérer les formulaires administratifs est-il envisageable ? Oui, probablement. Mais est-ce à l’ordre du jour ? C’est moins clair. La Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel (FAPEO), contactée par la RTBF, signale qu’il « n’y a pas une directive claire, juste des initiatives individuelles dans les écoles pour faire évoluer les formulaires ». Marie-Martine Schyns se dit de son coté ouverte à la discussion, mais souhaiterait que « dans un souci de cohérence, l’on procède à ces modifications de façon plus globale qu’uniquement dans l’enseignement. »

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