Arabie Saoudite: une application pour pister les femmes approuvée par Apple et Google

Avec Absher, les hommes d’Arabie Saoudite ont désormais la possibilité de pister leur femme, sœur ou fille et leur donner plus facilement des autorisations. Non ce n’est pas une blague.

©Belga Images

Bienvenue au 12e siècle. On le sait, l’Arabie Saoudite n’est pas un exemple en termes d’égalité des sexes et de droits de l’Homme. Les femmes n’ont le droit de conduire que depuis un an et pas sans autorisation. Si elles veulent être engagées, quitter le territoire ou obtenir un passeport, il leur faut l’autorisation de leur tuteur (père, frère, grand-père, mari). Heureusement, la technologie fait des miracles et les hommes ont désormais la possibilité de faire tout ça en quelques clics seulement, sans bouger de chez eux. Pratique.

Avec Absher, le tuteur peut simplement enregistrer le numéro de passeport d’une femme et avoir accès à tous ses déplacements. Dès qu’elle quitte le territoire, le détenteur de l’app reçoit une alerte et peut approuver (ou pas) la sortie du territoire. Et ce n’est pas tout puisque c’est le ministère de l’Intérieur qui envoie un SMS à chaque fois que la femme se présente devant les autorités de l’aéroport.

Une énième violation de la liberté qui n’est pas sans rappeler l’histoire de Rahaf Mohammed Al-Qunun, cette jeune saoudienne de 18 ans qui s’était barricadée dans une chambre d’hôtel thaïlandaise pour fuir l’oppression de sa famille et de son pays. « Nous, les femmes saoudiennes, nous sommes traitées comme des esclaves », avait-t-elle déclarée à la CBC, télévision publique anglophone. Chaque année, plus de 1.000 femmes tentent de fuir l’Arabie Saoudite et de demander l’exil ailleurs. Absher devrait réduire le nombre de celles qui fuient violences psychologiques et physiques.

Disponible sur Google et Apple

Absher est disponible sur Google et Apple et a déjà été téléchargé plus d’un million de fois. Plusieurs associations humanitaires ont dénoncé la nouvelle application et appelé les deux géants du web à prendre davantage de responsabilités. Pour le moment, les deux entreprises n’ont pas réagi.

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