Nos vieux sont heureux

Nos retraités vont bien, merci pour eux. C’est le Bureau du Plan qui le dit. Il révèle cependant que la classe moyenne a, de son côté, beaucoup souffert ces dix dernières années.

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Bonne nouvelle en ce jour de grève, le bien-être augmente. Quoique, pas pour tout le monde. Au plus bas suite à la crise de 2008, le bonheur des Belges a commencé à remonter la pente à partir de 2016. « Sans toutefois revenir à son niveau de 2008, tempère directement le Bureau du Plan dans une étude parue ce mardi. Cette embellie est principalement due à une réduction de la privation matérielle sévère et au fait de pouvoir davantage compter sur l’aide des proches. » La situation s’est principalement améliorée pour les bas salaires, « surtout grâce à l’amélioration de leur niveau de vie », et les hauts salaires, « surtout grâce à l’amélioration de leur santé ». A contrario, les travailleurs bénéficiant de revenus moyens voient leur bien-être diminuer. La cause ? Une dégradation assez préoccupante de leur santé, et notamment de leur santé mentale. La RTBF rappelle d’ailleurs que selon l’OCDE, les coûts directs (soins de santé) et indirects (chômage, absence au travail, baisse de la productivité) des troubles mentaux représentent 5,1% du PIB.

Merci les pensions

Une dégradation qui touche une partie significative de la population en dessous de 65 ans et qui tranche avec l’autre grand enseignement de l’étude : le bonheur affiché par les retraités. Ceux-ci profitent d’une nette amélioration de leur santé et voient le taux de pauvreté chuter de 21 à 16% entre 2008 et 2017. Une situation qui n’est pas étrangère à l’augmentation du taux d’emploi des femmes, à la hausse, qui leur a permis de meilleures pensions et davantage de confort financier. « De plus, les pensions minimums ont été augmentées par rapport au seuil de pauvreté entre 2005 et 2011, de même que la garantie de revenus aux personnes âgées » ajoute le Bureau du Plan, semblant démontrer par-là l’efficacité de telles mesures. Histoire de marquer encore un peu plus la différence entre les moins et les plus de 65 ans, signalons que l’accès au logement a été plus favorable aux personnes pensionnées, et que le taux de pauvreté s’est lui accru pour la population entre 18 et 64 ans, passant de 12 à 15%.

Pour élaborer son étude, le Bureau du Plan s’est appuyé sur une série d’indicateurs sociaux, environnementaux et économiques, qu’il considère complémentaires au calcul du PIB. Il note une évolution globalement positive, « même si elle n’est pas nécessairement suffisante pour atteindre les objectifs existants », tout en mettant le doigt sur plusieurs préoccupations majeures. « L’espérance de vie en bonne santé n’augmente plus, la diversité biologique se dégrade et les inégalités liées au niveau d’éducation augmentent. » Il y a donc encore du boulot, mais voilà une nouvelle bonne raison de se battre pour ses pensions…

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