Plus besoin de la N-VA

Le climat c’est une priorité, sauf pour les séparatistes flamands. Les voilà empêtrés dans une thématique qu’ils n’aiment pas.

© Pierre Kroll

Je ne compte plus les refus de la N-VA de venir débattre sur le plateau de l’émission. Ils se sont une nouvelle fois débinés lors du débat sur le climat. Lâcheté ? Peut-être. Mais la vérité est peut-être aussi à chercher ailleurs. L’avenir de la planète à la une de l’actualité, c’est clairement ce qui pouvait arriver de pire à Bart, Théo et Jan. C’est une thématique qui rassemble, qui unit les générations. C’est un débat qui ne permet pas des tweets rageurs sur les immigrés, la peur de l’autre, la haine du Sud, etc.

En ce moment, les leaders “n-véens” doivent se morfondre, chaque jeudi, en voyant défiler une jeunesse qui a soif de réponses sur son avenir, une jeunesse en train d’indiquer qu’il est urgent de changer nos vies. Ce n’est pas une jeunesse manipulée qui hurle à l’apocalypse, loin de là. Le message adressé au monde politique c’est : “bougez-vous”. À cela, la N-VA répond qu’il faut se calmer, que la science va tout régler. Drôle de stratégie. Et voilà donc ceux qui veulent la fin du pays devenus, d’un coup, isolés sur une thématique qu’ils ne maîtrisent sans doute pas suffisamment.

Sur le plateau de l’émission, on s’est interrogés sur la capacité de blocage de la N-VA sur la loi climat. Leur vote est-il indispensable ? Un des invités a répondu : “On a plus besoin de la N-VA”. Personne n’a bronché. Une union des autres formations politiques sur une loi climat envoie le parti de Bart De Wever sur île dont il risque bien d’avoir du mal à revenir. Un observateur de la vie politique flamande me glissait d’ailleurs récemment à l’oreille qu’il faut être attentif aux rapprochements de certains partis dans les semaines à venir. L’idée de voir les nationalistes tomber parce qu’ils ont raté le débat sur l’avenir de la planète, et donc des hommes et des femmes qui vivent dessus, devient une hypothèse envisageable, paraît-il. Reste maintenant à savoir si, dans l’opposition, les séparatistes flamands accepteraient plus facilement mes invitations.

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