Le beau monde de Vincent Peiffer : Débandade climatique

Les jeunes ont fait du climat l’enjeu des élections. Et c’est la panique politique…

Joke Schauvliege © Belga Image

Jusque-là, N-VA en tête, c’était encore à celui qui ferait le plus de tam-tam pour mettre nos malheurs sur le dos des dangereux migrants. Et le gouvernement finit par tomber sur un pacte de l’ONU qui n’est que la moindre des dignités envers des réfugiés. C’est pire qu’indigne : c’est bête. Même les gamins ont compris ça. Des écoliers qu’on croyait braqués sur leur smartphone, amorphes. Eh non. Ils ont lu, vu, entendu et compris un truc simple : pour vivre sur Terre (avec ou sans migrants), il faut qu’elle soit vivable. Et nous la rendons invivable de plastique et de déchets, on l’étouffe de CO2, on la vide de ses ressources naturelles.

Cela fait quarante ans et plus que tous les scientifiques sérieux alertent, expliquent que nous la tuons, cette Terre. Et que pour la sauver, il faut changer le modèle d’activité humaine. Mais dans le beau monde des rues de la Loi, on écoutait d’une oreille. On verrait plus tard. On ferait du renouvelable, mais mollo. Alors les écoliers qui, eux, ont compris qu’il y a extrême urgence, ont défilé dans les villes tous les jeudis. Par dizaines de milliers. Pour dire à la rue de la Loi : maintenant, ça suffit ! Vos broutilles de migrants ou votre (con)fédéralisme, vous vous les mettez au popotin et vous vous focalisez sur la priorité des priorités : des mesures fortes sur le climat, ambitieuses et rapides ! Des universitaires vous ont concocté une “Loi Climat” prête à l’emploi, vous allez la signer maintenant !

Et tout à coup, dans les partis, c’est la débandade. Non pas qu’on y soit devenu subitement climato-urgentiste, mais parce qu’on ne veut pas offrir un boulevard électoral vert à Écolo-Groen. Alors au MR, au cdH, chez DéFI, au PTB on annonce dare-dare qu’on va signer cette “Loi Climat”. Idem au PS, où on ressort l’“éco- socialisme”. Culottée comme jamais, la ministre MR de l’Énergie, Marie-Christine Marghem, après cinq ans de quasi-torpeur, revendique la “maternité” de cette “Loi Climat”. En Flandre, la ministre CD&V de l’Environnement, Joke Schauvliege, prétend que toutes ces manifs ne sont que complots (avant de démissionner).

Quand des écoliers forcent les adultes à changer un monde qui tourne fou, le spectacle de la politique panique devient comique.

Cet article est issu de notre magazine papier. Pour plus d’infos qui piquent, rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

Sur le même sujet
Plus d'actualité