La Saint-Valentin sous intelligence artificielle

Les applis de rencontre donnent les pleins pouvoirs à leurs algorithmes. Sauf que le cœur a ses raisons, que l’intelligence artificielle ignore encore.

Georgina Campbell et Joe Cole dans Black Mirror © Prod

On connaissait la propension de la série Black Mirror à anticiper le futur proche. Du moins, à nous prévenir de ce que nous pourrions faire de pire. Certains n’ont visiblement pas bien compris la dystopie. Inspirée du pitch de l’épisode Hang The DJ (saison 4), l’appli Juliet-Matchmaker donne un coup de rasoir au marché de la rencontre en ligne. Oubliez le “swipe” de Tinder, un facteur jugé encore trop… humain. Ici, l’algorithme prend totalement le contrôle de la rencontre. Il choisit la personne à notre place et fixe même le laps de temps (3 heures, 7 jours, deux mois,…) de la relation. Chacun passe ensuite automatiquement au match suivant et remplit un questionnaire pour aider l’intelligence artificielle (IA) à affiner ses choix.

Avec un pic de fréquentation entre janvier et la Saint-Valentin, le business du dating en ligne ne connaît pas la crise. Selon une récente étude française, plus d’un jeune sur quatre entre 18 et 25 ans est inscrit à un site de rencontre. Lesquels se comptent désormais… par milliers. Reste que ces applis sont surtout utilisées pour des relations occasionnelles et n’ont pas, selon les experts, redessiné la géographie amoureuse. Une autre enquête menée par les universités américaines de West Virginia et de l’Illinois révèle d’ailleurs que l’attraction baisse après la première rencontre. Voilà pourquoi nombre de ces applications robotisent le processus.

Perte d’estime de soi, peur du rejet… Selon une étude américaine, les utilisateurs de Tinder présenteraient davantage de problèmes avec leur image corporelle que ceux qui ne fréquentent pas l’application.

“Il y a beaucoup de conversations via les apps de rencontre, mais dans l’ensemble peu de rendez-vous”, confirmait Grant Langston, le PDG du site de dating eHarmony, au dernier salon Web Summit. Un site qui devrait bientôt être capable de choisir pour nous un rendez-vous grâce à l’IA. À l’instar de l’appli britannique Loveflutter, dont les algorithmes analysent les conversations entre utilisateurs afin de déterminer leur taux de compatibilité, ou du poids lourd Tinder (805 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2018).

Black Mirror, Hang The DJ © ProdDans l’épisode Hang the DJ de Black Mirror, l’appli de rencontre indique dès le premier rendez-vous la durée de la relation © Prod

Cofondateur de l’interface, Sean Rad prône ainsi la fusion entre les applis de dating et les assistants vocaux. Selon lui, il suffira de poser à Tinder la question “Comment se présente ma soirée ?” pour que celui-ci nous réponde : “Une personne qui vous attire et est attirée par vous se trouve à proximité. Elle est libre demain soir et vous aimez tous les deux ce groupe de rock indé. Je vous prends des billets ?”

D’autres entremetteurs 3.0 poussent encore plus loin leurs algorithmes. Comme l’appli de reconnaissance faciale Badoo qui permet de dénicher… le sosie de son ex ou de sa star préférée. Ou encore Pheramor, une appli américaine fournie avec un kit ADN. Après avoir fait analyser 11 gènes de l’utilisateur en lien avec les phéromones, celle-ci se charge de trouver une âme sœur génétiquement compatible. Un autre coup de marketing ? Rappelons que le pouvoir attractif des phéromones chez l’homme est scientifiquement controversé. Comme l’efficacité réelle, on vous le disait, de toutes ces love machines.

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