L’État Islamique vit ses dernières heures

Les forces arabo-kurdes, soutenues par la coalition internationale, ont lancé l'assaut final sur l'ultime poche de résistance du groupe terroriste en Syrie. La fin définitive d'une guerre qui n'a que trop longtemps duré ? 

Belga

560 terrains de football, c’est tout ce que contrôle encore l’État islamique (EI) en Syrie. Dit comme ça, ça peut paraître important. Mais transposé au système métrique, soit quatre km2, ça paraît tout de suite moins impressionnant… Surtout lorsque l’on sait qu’à l’apogée de sa puissance, fin 2014, le califat contrôlait une zone de 170.000 km2 en Syrie et en Irak, soit l’équivalent de la superficie du Royaume-Uni. Et le groupe terroriste devrait perdre cet ultime bout de territoire dans les prochains jours.

Samedi, la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenue par les Occidentaux a lancé son offensive finale sur le village de Baghuz, dans le sud-est de la Syrie. Il est toujours défendu par 500 djihadistes, avec des otages et des civils servant de boucliers humains. Dimanche matin, les combats étaient intenses, avec l’appui aérien américain. Ce n’est désormais plus qu’une question d’heures avant l’éradication complète de l’État islamique en Syrie qui, en dehors des combattants de Baghuz, ne compte plus que 3.400 fidèles, dispersés dans le désert selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une ONG de référence basée à Londres.

Cette fois, c’est la bonne ?

Les gouvernements occidentaux ont déjà annoncé à plusieurs reprises la fin de l’EI, dont la première fois dès fin 2017. À chaque fois, l’organisation djihadiste avait déjoué les pronostics en regroupant ses combattants pour reprendre du terrain. Mais cette fois, la bataille semble gagnée face à une organisation dont le principal leader, Abu Bakr al Bagdhadi, n’a plus donné signe de vie depuis un an. Le président américain Donald Trump a déclaré récemment qu’il annoncerait officiellement cette semaine la reprise à 100 % des territoires en Syrie, perspective dont il avait pris prétexte fin décembre pour décider du retrait de Syrie des 2.000 soldats américains qui y étaient déployés. 

Mais la destruction du dernier fief de l’EI sur le terrain signifie-t-elle pour autant la disparition définitive du groupe terroriste dans le monde ? Rien n’est moins sûr… Des antennes djihadistes sont encore mobilisées à l’étranger, notamment au Sahel, au Nigeria, aux Philippines et probablement encore aussi en Occident. L’influence idéologique du califat ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Et il faut à présent que les forces en présence sur le terrain établisse un climat propice à la reconstruction et ne laisse pas les zones (re)conquises à l’abandon comme ce fut le cas après le départ des troupes américaines en Irak. C’est dans les territoires dévastés de ce pays, en haillons, que la bête immonde était apparue après sa rupture avec Al-Qaïda en 2013. Espérons que les dirigeants aient retenu les erreurs du passé.

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