Alexandria Ocasio-Cortez expose avec brio la corruption gangrénant le système politique US

Le jeune élue démocrate a inventé un "jeu de la corruption" pour dénigrer les lois laxistes du gouvernement. Délectable.

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Elle était serveuse il y a moins d’un an. Elle est aujourd’hui le plus jeune membre du Congrès américain pour le parti Démocrate. La jeune femme de 29 ans, originaire du Bronx, affiche un parcours hors du commun dont raffole l’Amérique. Une ascension qui intéresse de près Netflix, puisque le géant du streaming a déboursé 10 millions de dollars pour s’offrir un documentaire relatant son histoire. Elle a une nouvelle fois démontré sa verve lors d’une assemblée face aux chiens de garde la finance pour exposer les vastes conflits d’intérêts qui façonnent la politique américaine.

Dans sa démonstration, elle propose aux membres de l’assemblée de participer à un jeu, qu’elle nomme « Le jeu de la corruption ». En trois minutes à peine en posant des questions simples mais pertinentes, la membre du Congrès démocrate a souligné l’absence presque totale de règles empêchant les législateurs d’être achetés par de riches sociétés. «Nous avons actuellement un système fondamentalement défectueux», a-t-elle conclu après une séance de questions-réponses avec un panel de personnalités des groupes de surveillance des finances des campagnes politiques.

« Je vais jouer le rôle du « sale type », ce qui ne devrait pas déplaire à la moitié de la salle, et je voudrais m’enrichir au maximum et servir mes intérêts, même si ça signifie que ce soit au détriment de l’intérêt du peuple Américain. » elle continue la présentation de son jeu, dans le but de démontrer la corruption du système et la manière dont Donald Trump a été élu. «Si je veux mener une campagne entièrement financée par des comités d’action politique d’entreprise, y a t-il quelque chose qui m’empêche légalement de le faire? » demande-t-elle à la présidente de l’assemblée, Karen Hobert Flynn, qui est bien obligée de lui répondre que non.

La membre du Congrès, qui représente le 14e arrondissement de New York, a ensuite expliqué comment un législateur corrompu pourrait même acheter des actions dans une entreprise, puis rédiger des lois déréglementant cette industrie, entraînant une flambée du prix de l’action et un énorme profit. «Nous avons vu à quel point il est facile pour moi d’être une mauvaise personne. Nous pouvons donc en déduire que c’est encore plus facile pour le président des États-Unis, n’est-ce pas?», conclut Alexandria Ocasio-Cortez, ce que le conseiller Walter Shaub ne peut que confirmer. Une jolie démonstration de force.

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