Politique: le « Top 10 » des promesses non tenues

"Sortir du nucléaire", "fermer Guantanamo", "éradiquer le sida",... Les politiciens mutliplient les promesses aux citoyens. Toutes ne sont pas respectées. Voici 10 exemples qui ont marqué l'Histoire contemporaine.

Politique: le « Top 10 » des promesses non tenues

Dans son discours annuel sur l’état de l’Union, prononcé mardi à Washington, Donald Trump a fait une déclaration étonnante devant le Congrès. Le président américain a promis d’éradiquer le sida aux Etats-Unis avant 2030 : « Mon budget demandera aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l’épidémie de VIH aux Etats-Unis d’ici dix ans. Ensemble, nous vaincrons le sida en Amérique et au-delà. » Le secrétaire à la Santé, Alex Azar, a ensuite fourni plus de détails sur l’annonce présidentielle : le but est de réduire le nombre de contaminations par le VIH aux Etats-Unis, aujourd’hui de 38.000 par an, de 75 % en cinq ans, et 90 % en dix ans.

L’objectif est (très) ambitieux et la déclaration a été accueillie très positivement par les comités d’experts et les associations aux Etats-Unis. « Contrôler le VIH en une décennie est une tâche titanesque, mais nous applaudissons la volonté affichée« , a souligné Michael Weinstein, président de la très grande organisation anti-sida Aids Healthcare Foundation. Par cette déclaration, Donald Trump est parvenu à redorer (un peu) son image après avoir entraîné son pays dans le plus long shutdown de l’Histoire du pays, causant une perte de 11 milliards de dollars à l’économie américaine… Mais parviendra-t-il à tenir cette promesse ?

Les promesses sont choses communes en politique, surtout en périodes (pré-)électorales. Les respecter, en revanche, s’avère souvent plus compliqué… En Belgique et à l’étranger, voici le top 10 des grandes promesses non-tenus par des responsables politiques.

Chez nous

Le bilinguisme de Laurette Onkelinx

« L’objectif est qu’en 2001, on arrive au bilingisme à la sortie du secondaire. L’évaluation des établissements scolaires se fera sur cette base. » En 1996, lorsqu’elle était ministre de l’Enseignement en Communauté française, Laurette Onkelinx devait faire face à des mouvements revendicatifs dans l’enseignement. Devant les caméras de la RTBF, elle promet que le bilinguisme des élèves francophones au sortir du secondaire grâce au « recentrage sur (l’apprentissage de) quelques langues avec des outils informatiques et audiovisuels adéquats. » Plus de 20 ans plus tard, la prédiction ne s’est toujours pas réalisée, et le bilinguisme ne figure pas dans les priorités du « Pacte d’excellence » de Marie-Martine Schyns, actuelle ministre de l’Education.

RTBF

La sortie du nucléaire en 2025 ?

En 2003, le gouvernement de Guy Verhofstadt, où siégeaient les écologistes, avait décidé d’un calendrier de sortie progressive du nucléaire entre 2015 et 2025 (« loi Deleuze »), lorsque les réacteurs atteindraient l’âge de 40 ans. En décembre 2014, le nouveau gouvernement de Charles Michel annonçait un nouvel aménagement de son plan de sortie du nucléaire en décidant de prolonger de dix ans, jusqu’en 2025, la durée de vie de deux de ses sept réacteurs. Aujourd’hui, alors que des milliers de citoyens manifestent pour la mise en place d’une politique plus écologie, la question de la sortie du nucléaire est toujours au centre de la table. La N-VA plaide pour son maintien, et même pour son développement. Le temps avance, mais les centrales belges ne rajeunissent pas…

Belga

Le mariage « kamikaze » du MR et de la N-VA

Un mois avant le dernier scrutin fédéral en 2014, le vice-Premier libéral, Didier Reynders, déclarait dans la presse refuser toute alliance avec les nationalistes flamands. « La N-VA a aussi un côté destructeur pour l’avenir de l’Etat. Si on est autour de la table, nous demanderons de privilégier une majorité sans la N-VA. » Alors président du MR, Charles Michel, tenait les même propos : »Le MR n’a rien à voir avec la N-VA. Le nationalisme c’est le choix du repli, c’est le choix de la division, c’est le choix de la destruction et nous sommes adversaires de la destruction. » La suite, on la connaît.

Belga

À l’étranger

Berlusconi, le cavalier intouchable 

En 1994, en faisant son entrée dans le monde politique, le magnat des médias Silvio Berlusconi avait promis qu’il vendrait ses pars de la société Fininvest (plus tard rebaptisée Mediaset) en raison du conflit d’intérêt que cela aurait généré. Une promesse répétée plusieurs fois au cours des années suivantes.Mais après 12 ans et trois mandats, l’ancien premier ministre possède la société qui contrôle virtuellement tous les médias privés de la Botte et nombre de magazines qui ont été intensément utilisé pour faire la promotion de sa politique. « Il Cavaliere » envisage d’ailleurs de reprendre du service, à 82 ans… 

Belga

« Moi, président de la République » 

Sur les quinze promesses formulées lors de son monologue resté célèbre et prononcé au cours du grand débat face à Nicolas Sarkozy en 2012, François Hollande n’en aura réellement tenues qu’une petite moitié. S’il fallait retenir l’une d’entre-elles, ce serait probablement : « Moi, président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire. » Sa rupture avec sa compagne Valérie Trierweiler et sa relation avec l’actrice Julie Gayet ont alimenté la chronique people. A l’été 2016, le salaire de son coiffeur qui touche près de 10.000 euros brut par mois a aussi fait polémique. Hollande s’est défendu en rappelant qu’il a « fait diminuer le budget de l’Elysée qui était de 109 millions en 2012 à 100 millions » et fait baisser son propre salaire de 30%… Ça n’a pas soigné sa cote de popularité auprès des Français.

Guantanamo, le fiasco d’Obama

L’ancien président américain Barack Obama avait juré à maintes reprises au cours de la campagne menant à sa première élection en 2008 qu’il allait mettre un terme aux activités du centre de détention de Guantanamo, ancienne base militaire à Cuba, au cours de sa présidence. En décembre 2014, un rapport d’une commission du Sénat américain sanctionnait le programme d’interrogatoire et de torture de la CIA dans la prison, mais Guantanamo n’a pas fermé ses portes. Obama a échoué dans sa mission, et il est même aujourd’hui question un redéploiement du site par la construction de nouvelles ailes.

Belga

Mentions « honorables » 

En 1916, le président américain Woodrow Wilson gagne sa campagne de réélection avec le slogan « He kept us out of war » (« Il nous a évité la guerre »)… pour finalement joindre les forces alliées de la Première Guerre mondiale un an plus tard. Plusieurs décennies plus tard, Lyndon B. Johnson remettait le couvert en promettant : « Nous n’enverrons pas des jeunes américains à des milliers de kilomètres pour faire ce que des jeunes asiatiques ne savent pas faire d’eux-mêmes. » Au cours de sa présidence, les États-Unis entraient en guerre au Vietnam et Johnson ne chercha pas à se présenter pour un second mandat.

Au cours d’un discours resté célèbre, George Bush père déclarait en 1988 : « Read my lips : no new taxes » (« Observez mes lèvres : il n’y aura pas de nouvelles taxes »). Après le début d’une récession au cours de son premier et unique mandat, le Républicain acceptait des mesures économiques incluant de nouvelles taxes.

On termine par celui avec lequel on a commencé… Donald Trump a fait tellement de promesses au cours de sa campagne électorale qu’il lui sera simplement impossible de toutes les mettre en place (il avait notamment promis de faire enfermer sa rivale à la présidence Hilary Clinton pour avoir utilisé un serveur de courriel privé lorsqu’elle était secrétaire d’Etat). Mais le 45ème président des États-Unis a pratiquement bâti toute sa campagne sur la construction de « son » mur à la frontière mexicaine. Au vue du récent shutdown, il lui sera compliqué d’entamer le chantier d’ici la fin de son (premier?) mandat.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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