Trois choses à savoir sur le voyage historique du Pape François aux Émirats

Le souverain pontife a débuté dimanche une visite historique aux Émirats arabes unis (EAU): c’est la première fois qu’un chef de l’Église catholique pose le pied sur la péninsule arabique, berceau de l’Islam.

Belga

Une visite pour l’Histoire

Depuis sa prise de fonction le 13 mars 2013, Jorge Mario Bergoglio (aka François 1er) a fait du dialogue interreligieux avec le monde musulman l’une des priorités de son pontificat. L’évêque de Rome s’était déjà rendu en Turquie en 2014, en Égypte en 2017 et ira au Maroc en mars prochain. La présente visite aux Émirats arabes unis (de dimanche à mardi) revêt un caractère encore plus particulier : c’est la première fois qu’un chef de l’Église catholique pose le pied sur la péninsule arabique, berceau de l’Islam. Avant d’embarquer, le pape argentin a affirmé dans un message publié sur son compte Twitter officiel venir « comme un frère pour écrire ensemble une page de dialogue et parcourir ensemble les chemins de paix. Priez pour moi ! » 

Dans l’avion, le souverain pontif a dit avoir appris qu’il pleuvait à Abou Dhabi, capitale des EAU. « Dans ces pays, ceci est perçu comme un signe de bénédiction », a-t-il souligné dans des propos relayés par l’AFP. Un hasard météorologique conférant presque une aura mystique à cette visite.

« Combattre l’extrémisme et promouvoir la tolérance »

Dimanche, des fidèles se sont pressés sous une pluie inhabituelle aux abords de la cathédrale Saint-Joseph d’Abou Dhabi, décorée aux couleurs du Vatican et des Émirats, pour obtenir les derniers billets de la messe papale de mardi, présentée comme le plus grand rassemblement dans le pays, avec plus de 130.000 catholiques. Environ un million de catholiques – des travailleurs asiatiques pour la plupart- vivent aux Émirats, pays dont la population (9,5 millions d’habitants) est composée à plus de 85% d’expatriés et où ils peuvent pratiquer leur religion dans huit églises.

Dans une tribune publiée par le journal Gulf News et relayé par Courrier International, l’ambassadeur des Émirats arabes unis aux États-Unis explique que son pays a invité le pape dans la péninsule arabique pour « combattre l’extrémisme et promouvoir la tolérance », précisant qu’à travers le Moyen-Orient, « nous faisons face à l’extrémisme d’une toute petite minorité de gens qui déforment et dissimulent le fait que l’islam est une religion de paix”.

Un drame humanitaire en toile de fond

Les Émirats ont toujours cherché à projeter l’image d’un pays ouvert, même si ce pays pratique une « tolérance zéro » à l’égard de toute dissidence politique, notamment celle incarné par les Frères musulmans. Après Amnesty International, Human Rights Watch a également appelé François 1er à soulever, lors de sa visite, la question des violations des droits humains au Yémen, où les forces émiraties interviennent militairement aux côtés de l’Arabie saoudite en soutien au pouvoir en place.

Au Yémen, une trêve a été difficilement obtenue par l’ONU en décembre. Elle s’applique à la ville portuaire de Hodeida, par où transite l’essentiel des importations et de l’aide humanitaire. La guerre civile yéménite oppose depuis 2014 principalement les rebelles chiites Houthis et les forces fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh (assassiné en décembre 2017) au gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi, élu en 2012 à la suite de la révolution yéménite. Le conflit a entraîné l’une des pires famines de l’Histoire, menaçant notamment près de 5 millions d’enfants. Priez pour eux.

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