Tournée minérale: « J’ai pris conscience de l’ampleur de la pression sociale »

Ce 1er février sonne le début de la troisième édition de la Tournée minérale. Près de 50 000 Belges se prêtent au jeu cette année, Alice Terwagne en fait partie.

©Belga Images

Selon l’OCDE, la Belgique est le pays où l’on boit le plus d’alcool : 12,5 litres pure par personne chaque année. Chez nous, le culte de la bière est sacré. Aux yeux des touristes (et même aux nôtres), c’est souvent à elle qu’on pense en premier quand on doit établir les spécialités du Plat pays. Et que certains pensent encore qu’un verre de vin en mangeant rallonge la vie n’arrange rien. Mais si la perspective d’un mojito en terrasse s’avère plaisant, boire de l’alcool cause des ravages. Fatigue, prise de poids, cancers, etc.

Pour toutes ces raisons, la Fondation contre le cancer a décidé de lancer un défi à la population belge : se priver d’alcool pendant le mois le plus court de l’année. Le tout porte un nom : la Tournée minérale. « On sait que l’année passée, d’après un sondage, à peu près deux millions de Belges ont participé, pour la plupart spontanément et sans s’inscrire, à Tournée Minérale », expliquait Didier Vander Steichel sur les ondes de La Première jeudi matin.

Pourquoi tu bois de l’eau?

Depuis trois ans, Alice Terwagne fait partie des Belges qui y participent. Si elle avait un peu commencé au hasard et « pour faire une cure après les fêtes de fin d’année », la jeune femme de 28 ans a désormais inscrit la Tournée minérale dans son agenda. « Je trouve que l’alcool à une place prédominante dans notre société », analyse-t-elle. Et, surtout, la pression sociale autour de celui-ci est « énorme« .

« Pourquoi tu bois de l’eau ? Pourquoi pas un verre de vin ? » On ne connait que trop bien ceux qui s’insurgent et vous traitent de rabat-joie quand vous avez décidé que non, ce soir, vous ne boirez pas. Comme si l’alcool était devenu une condition sine qua non à une soirée réussie. Et, au fond, peut-être avons-nous tous été, dans un moment d’égarement, le lourd qui insiste pour que le tonic finisse accompagné de son gin. « C’est chiant de devoir tout le temps se justifier », pointe Alice. Maintenant que la Tournée minérale connaît un succès relatif, elle peut être utilisée comme excuse et faire taire les interrogations.

Moins d’alcool, moins de fatigue

Le mois sans alcool a également son lot de bienfaits. « Déjà il y a une prise de conscience. Sur du long terme, je remarque que je suis une moins grande consommatrice d’alcool le reste de l’année. Et puis surtout, on se sent beaucoup plus en forme quand on ne boit pas. Normalement, le lundi c’est toujours difficile d’aller au boulot alors que pendant la Tournée minérale, je pète la forme ! ».

Alice l’assure, relever le défi n’est pas aussi compliqué qu’il n’y parait. Pourtant, la première année, elle a craqué deux jours avant la fin lors d’une soirée. Coup classique. Mais l’année dernière, elle a bouclé le mois sans problème. Certes l’envie de boire un verre se fait ressentir de temps à autre, mais les soirées n’en sont pas moins agréables. « Et puis quand tu vois les gens devenir de plus en plus saouls au fil de la soirée et que toi tu es sobre, tu te dis que c’est quand même inquiétant, interpellant ou amusant. Sûrement un peu des trois à la fois. »

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