Climat: qu’y a-t-il dans la lettre des 3400 scientifiques adressée aux politiques?

Les étudiants du pays se réunissent pour la quatrième fois ce jeudi. Pour appuyer les différentes mobilisations citoyennes, 3.455 scientifiques ont adressé une lettre aux politiques.

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Ce jeudi, les élèves de secondaire supérieur de l’ensemble du pays sèchent les cours pour la quatrième fois. Chaque jeudi, ils sont des milliers de plus à prendre part aux manifestations pour le climat et contre l’inertie politique. Tous demandent un plan écologique plus ambitieux et le passage à la vitesse supérieure. À ceux-ci s’ajoutent les autres marches nationales. Dimanche 27, ils étaient 75.000 à défiler dans les rues de Bruxelles.

Désormais, ils peuvent compter sur l’appui du collectif Scientists4climate et de leur lettre publiée dans la DH et le Morgen. Rédigée en néerlandais, français et anglais, ce document (à consulter dans son entièreté ici) remet le réchauffement climatique dans son contexte et dresse en sept points ses principales conséquences. « Il est maintenant nécessaire qu’un débat et que des actions collectives soient entrepris pour accélérer la transition vers une société zéro-carbone », écrivent les milliers d’académiques issus de diverses disciplines. « La température moyenne de la surface de la Terre a déjà augmenté d’environ 1°C (par rapport à la température moyenne entre 1850 et 1900) », stipule le premier point. Les six autres éléments qui suivent sont déjà fréquemment martelés, notamment par les citoyens qui manifestent envers et contre tout.

Des mesure drastiques MAINTENANT

100% du réchauffement est dû aux activités humaines. Il entraine, notamment, les « canicules, les sécheresses ou encore les inondations ». Les spécialistes rappellent aussi que pour limiter le réchauffement, il faut impérativement diminuer d’environ 25% les émissions de CO2 d’ici 2030 et que pour y parvenir « il est impératif que des mesures politiques drastiques soient prises MAINTENANT ». Des mesures politiques qui sont, pour le moment, largement insuffisantes, soulignent-ils. D’autant plus que le peu d’initiatives prises, « ne soutiennent en rien une diminution drastique des émissions, que ce soit au niveau local, belge, européen ou mondial ». Si rien ne bouge, notre planète connaîtra un réchauffement de plus de 3 degrés d’ici la fin du siècle.

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Des solutions déjà accessibles

Pour les deux derniers arguments, les scientifiques s’attaquent aux coûts et aux moyens disponibles, éléments sensibles qui reviennent fréquemment sur la table des négociations. « Ne rien faire induirait d’énormes coûts, notamment à cause des dégâts causés par les inondations, les tempêtes et les incendies de forêt, entre autres. » À ceci s’ajoute les conflits sociaux qui surviendront dans plusieurs pays, les personnes qui devront être déplacées quand les terres sur lesquelles elles habitent deviendront invivables. Enfin, les académiques rappellent que les savoirs et les technologies nécessaires pour réduire les émissions de CO2 existent déjà.

Seul le « courage politique » manque à l’appel. Si les citoyens semblent être, jusqu’à présent, moyennement entendus, les scientifiques le seront-ils davantage ? “Si vous reconnaissez l’objectivité scientifique, une seule conclusion est possible: le peuple dans les rues a entièrement raison”, concluent-ils.

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