Procès Nemmouche: les avocats présentent l’accusé comme une victime

Depuis le jeudi 10 janvier 2019, le procès de Mehdi Nemmouche occupe le centre de l'attention médiatique. Le jeune homme clame son innocence, soutenu par ses avocats. Voici leurs arguments.

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Cela constitue probablement l’une des facettes les plus complexes du métier d’avocat : se donner corps et âme pour défendre un homme soupçonné de crimes infâmes. Mehdi Nemmouche est accusé d’avoir ouvert le feu, dans le Musée juif à Bruxelles, tuant quatre personnes en moins de deux minutes, le 24 mai 2014. Le jeune homme et son présumé complice, Nacer Bendrer, doivent répondre « d’assassinats terroristes« .  La défense affirme pourtant que Mehdi Nemmouche est une victime dans cette affaire. 

Preuves avancées de son innocence

Pour commencer, la défense de Mehdi Nemmouche précise que les empreintes retrouvées sur la détente de l’arme du crime ne prouvent pas sa culpabilité. Le jeune homme aurait « été piégé« . Selon ce scénario, l’accusé a reçu un sac contenant l’arme et, au moment où il s’en est rendu compte, il aurait tenu à vérifier si le revolver était chargé. 

Les avocats se basent également sur un enregistrement de vidéosurveillance. On y voit l’homme qui a perpétré l’attentat toucher une porte à trois reprises. Porte sur laquelle l’ADN de Mehdi Nemmouche ne se trouve pas. À savoir que dénicher des preuves de cette manière est extrêmement complexe : « La probabilité de retrouver une personne quelconque dans cette empreinte ADN mixte est de 1 sur 109« , déclare un expert. 

Procès Nemmouche ©BELGAIMAGE

Une attitude inhabituelle

La défense enfonce le clou en évoquant la réaction du jeune homme lors de son arrestation. Le tueur du Musée juif est associé à un professionnel, rôdé dans l’exercice de tuer. Ce ne serait pas le cas de l’accusé. Le fait que Mehdi Nemmouche se soit fait arrêter sans résistance particulière suffit, selon la défense, à éveiller les doutes. 

Qui plus est, le meurtrier ne se serait pas contenté d’un revolver enraillé pour fuir jusque Marseille s’il était réellement compétent. La défense affirme que si le jeune homme avait été coupable de l’attentat, il aurait conservé sa Kalachnikov et non une arme défectueuse, surtout dans un contexte de traque.

Finalement, la défense accuse les enquêteurs d’avoir manipulé les extraits des caméras de vidéosurveillance. Sur les images, le tireur ne porte pas de lunettes de soleil. Or, la défense affirme que quand on visionne le film complet, on constate que le meurtrier n’enlève jamais ses lunettes. Il ne s’agirait pourtant que de modifications de contrastes dans les extraits, se défendent les enquêteurs. 

Des éléments accablants

Plusieurs preuves soutiennent l’hypothèse selon laquelle Mehdi Nemmouche est coupable de l’attentat. Dans un premier temps, il y a ces six vidéos enregistrées après l’attaque et dans lesquelles on entend un homme promettre de « mettre Bruxelles à feu et à sang« . Récemment, l’accusé a accepté un prélèvement de sa voix afin de procéder à une vérification. Pour les experts, il existe déjà des points communs entre la voix sur la vidéo de revendication et celle du jeune homme lors des auditions. Reste à vérifier si la voix concorde effectivement. 

Autre fait troublant, les enquêteurs ont découvert les traces des semelles de Mehdi Nemmouche à l’endroit où aurait été tournées les vidéos de revendications. Un argument que s’engagent à démonter maîtres CourtoyTaelman et Laquay, la défense de l’accusé. 

Toute cette démonstration remplit deux objectifs: prouver l’innocence de Mehdi Nemmouche, et mettre en lumière « une exécution ciblée d’agents du Mossad« . Des thèses proches du complotisme de trois avocats prêts à tout pour présenter leur client comme une victime. 

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