Maggie De Block à la rescousse d’enfants de djihadistes belges

Dans une lettre ouverte, onze grand-mères implorent Maggie De Block de ramener leurs petits-enfants, nés sous l’égide de l’État islamique, auprès de leur famille en Belgique. La ministre de l’Asile et la Migration a pris leur requête en considération.

belgaimage-144203544-full

Depuis qu’elle est à nouveau chargée de l’Asile et de la Migration suite au départ de Theo Francken, Maggie De Block donne l’impression d’assouplir la position de l’état fédéral sur la politique migratoire. La ministre a déjà délivré deux visas humanitaires pour rapatrier les deux enfants d’un Belge ayant combattu dans les rangs du groupe terroriste État islamique (EI) et qui croupit désormais dans les geôles turques. Le retour de ces enfants, de même que celui de six autres d’une militante de l’EI, a été ordonné par un juge, affirmait la semaine passée le quotidien flamand De Tijd.

Encouragées par cette annonce, onze grand-mères d’enfants nés sous l’égide de l’État islamique en Syrie, ont adressé une lettre ouverte à la ministre pour lui implorer de faire tout ce qui est en son pouvoir pour ramener leurs petits-enfants. Faisant référence au jugement de la semaine dernière, le document – cosignée par l’équipe de « Missie Syrië » (« Mission Syrie« ) et le comité de citoyens « Breng ze terug » (« Ramenez-les« ) – salue « une décision profondément humaine et courageuse qui donne de l’espoir dans une société où l’incitation croissante à la peur et à la haine est dirigée même contre des jeunes enfants. » 

Les onze grand-mères demandent également de l’attention pour leurs filles devenues mères à leur tour après avoir rejoint des djihadistes de l’Etat islamique en Syrie.  » Ce que nous espérons ardemment maintenant, c’est qu’ils puissent tous rentrer à la maison. Nos filles purgeront leurs punitions méritées, mais nous pourrons tous redevenir une famille et surtout laisser les horreurs des années passées derrière nous et les oublier « , écrivent-elles.

« Ces enfants n’ont pas choisi Daech »

Dans la missive, les signataires soulignent les préoccupations exprimées par des pédopsychiatres, des psychothérapeutes et des pédiatres de séparer les jeunes enfants de leur mère et de les faire transférer en Belgique par des inconnus. Les auteurs de la lettre s’inquiètent de l’avenir de ces enfants lorsque, plus, ils apprendront qu’ils ont été séparés de leur mère alors qu’ils étaient petits, parce que la société a refusé de les écarter de la zone de guerre…

Maggie De Block a déclaré comprendre leur situation et les préoccupations exprimées mais, en tant que ministre, se dit également attentif à l’opinion publique et aux souffrances des nombreuses victimes de la violence de l’Etat islamique. « Nous avons convenu d’une ligne claire avec le gouvernement à la fin de 2017, nous ne punirons pas les jeunes enfants pour les méfaits de leurs parents. Ils n’ont pas choisi Daech. C’est pourquoi nous voulons faire des efforts pour les ramener dans notre pays. Nous allons les recevoir et les superviser ici, afin qu’ils puissent devenir des personnes libres et indépendantes. » La ministre a toutefois précisé que la situation est différente pour les parents : « Ils ont eux-mêmes délibérément décidé de tourner le dos à notre pays et de le combattre. Plusieurs fois. C’est pourquoi nous n’allons pas nous obliger à travailler de manière active pour les ramener.« 

La N-VA « outrée »

La semaine dernière déjà, la N-VA avait virulemment réagi à la décision de la Secrétaire d’Etat. Dans un communiqué, le parti avait réagi déclaré: « Theo Francken est sous le feu des critiques pour avoir délivré des visas sauvant des centaines de chrétiens menacés par l’EI (référence au scandale des visas humanitaire, NDLR). Maintenant, nous faisons venir des enfants de l’EI grâce à des visas. Quelle farce !« 

Pour Maggie De Block, il ne s’agissait toutefois que de la mise en œuvre d’une « décision judiciaire et d’une politique gouvernementale« . « Il est question d’enfants de 2 à 4 ans innocents. Le gouvernement, dont la N-VA faisait partie, a fixé la limite aux enfants de moins de 10 ans. Je ne fais qu’appliquer la politique gouvernementale et je trouve cela désolant que des enfants servent de prétexte aux jeux politiques.« 

Désolant, mais guère étonnant dans un pays qui enferment même des enfants derrière les barreaux du centre 127bis

Sur le même sujet
Plus d'actualité