Brexit: Pourquoi l’amendement voté par les députés britanniques ne changera surement rien ?

Mardi soir, les députés britanniques ont signé un amendement demandant une modification de l’accord de Brexit. L’Union européenne a directement réagi : "l’accord de retrait n’est pas renégociable".

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En fin de soirée mardi, les députés britanniques dévoilaient l’issue du vote pour l’amendement déposé par le conservateur Graham Brady. À 317 voix pour et 301 contre, ceux-ci demandent de modifier l’accord du Brexit longuement (et difficilement) négocié avec l’Union européenne fin novembre. En tête des motivations de la réouverture des négociations, le backstop. Cette clause temporaire qui est censée éviter le rétablissement d’une frontière physique entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord après le Brexit. Proposé par le négociateur de l’Union européenne, Michel Barnier, ce « filet de sécurité » doit préserver l’ouverture de cette frontière aux biens et aux personnes le temps qu’un accord plus règlementé (possiblement entre 2021 et 2025) soit passé.

Concrètement, l’Irlande du Nord resterait sous la coupe des normes européennes. Pour rappel, l’accord de Belfast – signé en 1998 – qui régule les rapports entre Irlande du Nord et République d’Irlande a permis de mettre fin à 30 ans de violences et de cesser les contrôles le long des 500 kilomètres de frontière. Pourtant, beaucoup de députés britanniques rejettent en bloc cette mesure car ils estiment qu’ils continueraient à être liés aux règles européennes et aux droits de douanes. En cœur, ils crient au « faux Brexit« .

« Le meilleur accord possible »

Pour Theresa May, ce nouvel amendement était la possibilité rêvée pour rouvrir les négociations avec l’UE. Sauf que pour les États membres, c’est hors de question. Ni l’accord de retrait ni le protocole du « backstop » ne seront revus et/ou modifiés. Après l’annonce du vote, Donald Tusk, président du Conseil européen, s’est empressé de réagir « l’accord de retrait n’était pas renégociable. Les conclusions du sommet européen de décembre sont très claires sur ce point ». Si la majorité des députés britanniques sont d’accord, c’est tant mieux pour eux, mais l’UE ne cédera pas. Le président français, Emmanuel Macron, a également été de son commentaire : l’accord sur le retrait est « le meilleur possible ».

À deux mois du Brexit – 29 mars – les jeux ne semblent définitivement pas être faits. « Nous continuons d’exhorter le gouvernement britannique à clarifier dès que possible ses intentions en ce qui concerne les prochaines étapes« , a déclaré Donald Tusk. Pour l’Union européenne, l’offre pourrait être reconsidérée si et seulement si « les positions du Royaume-Uni évoluent ». Ce qui, comme le démontre ce nouveau vote, ne semble pas encore prêt d’arriver.

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