Marie-Christine Marghem: « Oui, je me remets en question »

Chasser la voiture de société de notre pays ? La ministre fédérale du climat, Marie-Christine Marghem, dit y croire. Entre une réunion et un rendez-vous au Palais, elle nous a expliqué comment. Avec un credo : la liberté de chaque citoyen doit être respectée, pas question de punir.

marghem

Un Belge sur deux est favorable à la suppression de la voiture de société, selon l’enquête de Greenpeace. Après les marches, l’appel est concret. Qu’allez-vous faire?

On a démarré un mouvement dans cet objectif. On a voté un budget mobilité dans cet objectif avec trois possibilités. Le premier pilier repose sur la possibilité d’opter pour une voiture respectueuse de l’environnement. Du point de vue de la fiscalité, elle ne sera cependant pas plus avantageuse. Le second pilier, ce sont les transports alternatifs et durables avec une utilisation poussée par une fiscalité avantageuse. Le troisième pilier donne la possibilité pour l’employé de recevoir du cash soumis à une cotisation sociale de 38,7% qui sera un avantage qui s’ajoute au salaire, sans préjuger de comment l’employé utilisera cet argent.

Vous croyez vraiment que ces mesures vont réduire ou supprimer les voitures de société ?

Les gens sont prêts à changer. Et ce changement doit être le plus rapide possible. Mais il faut prendre en compte la nécessaire transition. L’employé peut désormais choisir sa solution.

L’opération « cash &care » qui propose de troquer sa voiture de société contre une somme d’argent n’a pas eu grand succès.

C’est pour cela qu’on a évolué. Ce que nous pouvons faire de plus efficace et de plus rapide, c’est de mettre le paquet sur la mobilité. Mais il ne faut pas être punitif. Il faut laisser la liberté aux gens. Il faut aussi offrir de vraies alternatives dans les transports collectifs. On doit par exemple déployer des bornes de rechargement électrique. Nous remettons aussi en avant le RER et des investissements plus importants seront faits dans les transports collectifs comme la SNCB. La Belgique est aussi le second pays en Europe à lancer un appel public à l’investissement structurel dans l’économie verte, à tout ce qui peut diminuer les gaz à effet de serre.

Vous n’envisagez rien de contraignant, cependant.

Non. On ne veut pas punir. On veut offrir la possibilité.

Pour être plus efficace, ne faudrait-il pas aussi refédéraliser les compétences climat plutôt que d’avoir quatre ministres?

Ce serait plus simple, oui. Je pense que le problème du climat n’a pas de frontière. Il n’a pas été efficace en Belgique de créer des frontières pour traiter de cette question. D’autres ministres de mon gouvernement se sont d’ailleurs exprimé en faveur de la refédéralisation. Cette préoccupation est très vivante chez les jeunes et chez les marcheurs de ce dimanche.

Les manifestations pour sauver le climat vous remettent-elles en question ?

Oui je me remets en question. Dès que j’ai vu ce mouvement, je me suis posé des questions. J’ai reçu des jeunes pour les écouter. Nous avons intensifié la coopération entre ministres.

Plus d'actualité