Fake news : les GAFA contre-attaquent

YouTube s'en prend aux vidéos conspirationnistes et WhatsApp limite le partage des messages pour lutter contre les fausses informations. Un souffle nouveau soufflerait-il sur la Silicon Valley ?

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C’est officiel : la Terre n’est pas plate, mais ronde. Vous le saviez déjà ? Très bien, mais sachez que plusieurs vidéos indiquent l’inverse sur YouTube. Pour s’attaquer à ce type de théories conspirationnistes, la plate-forme de vidéos a annoncé vouloir « faire la chasse aux vidéos qui font la promotion de théories extravagantes ou conspirationnistes sur la rotondité de la Terre ou les attentats du 11-Septembre ». Pour concrétiser sa volonté, l’entreprise prévoit non pas de supprimer ces vidéos, mais de les rendre les plus invisibles possibles en modifiant son système de suggestion de vidéos. « Nous allons donc commencer à réduire le nombre de suggestions de contenus qui pourraient désinformer les usagers de façon néfaste », explique-t-elle. Pourquoi ne pas simplement supprimer ces vidéos ? Par respect pour la  liberté d’expression. En agissant de la sorte, Youtube espère donc trouver un équilibre entre celle-ci et sa « responsabilité envers les usagers ».

YouTube… et tous les autres

Les fameuses « fake news » ne circulent pas uniquement sur le réseau de partage de vidéos. Facebook, Twitter, WhatsApp, … Tous sont concernés. Et chacun de ces acteurs mondiaux commence à prendre des mesures à son échelle. La semaine dernière, après un essai pilote de six mois, la messagerie en ligne WhatsApp réduisait à cinq le nombre de transfert d’un message. « Nous allons continuer à écouter l’opinion des utilisateurs et avec le temps, nous allons chercher de nouvelles méthodes pour répondre aux contenus viraux ». Cette nouvelle mesure était envisagée depuis plusieurs événements tragiques en Inde où 25 personnes ont été tuées en un an à cause de rumeurs circulant sur WhatsApp. Le gouvernement indien avait carrément décidé « d’éteindre Internet«  en octobre dernier.

Il y a plusieurs mois, Twitter annonçait de son côté avoir supprimé 70 millions de bots (des faux comptes utilisés dans la diffusion de fausses informations). Le 18 juillet dernier, Facebook déclarait qu’il allait supprimer certaines « fake news » susceptibles d’entraîner des actes violents. Aujourd’hui, la société de Mark Zuckerberg inaugure un nouvel onglet « qualité » baptisé Page Quality. À destination des gestionnaires de pages, il leur permet de visualiser quels contenus ont été supprimés (en raison de leur non-respect des standards de la communauté) et de voir les fake news repérées par le réseau. Le but est de sensibiliser les administrateurs de pages aux contenus faussés qu’ils publient et à leur responsabilité dans le partage de fake news. Facebook a aussi décidé d’agir contre les internautes qui tentent de contourner le système. Toute personne continuant son activité frauduleuse en créant de nouvelles pages ou de nouveaux comptes sera repérée par le réseau social et ses pages seront supprimées.

Il y a deux jours, Microsoft Edge intégrait à son tour une solution « anti Fake News ». Grâce à un partenariat avec l’équipe de NewsGuard, Microsoft met à disposition de ses utilisateurs l’option News rating. Une fois activée dans les paramètres, chaque page visitée par l’internaute est notée sur cinq par rapport à son respect de la vérité. « Nous voulons que des gens arbitrent notre système, en toute transparence. Nous ne sommes pas un algorithme et travaillons pour que le niveau global du journalisme s’améliore », a déclaré Steven Brill, cofondateur de NewsGuard. L’outil est déjà décrié, puisque l’équipe (humaine) du NewsGuard a donné la note de 1/5 au journal britannique Daily Mail dont la ligne éditoriale est certes sensationnaliste, mais loin d’être mensongère.

Depuis le référendum sur le Brexit et l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les « fake news » sont au centre des préoccupations. Le phénomène s’est intensifié chez nous avec l’arrivée des migrants et le mouvement des gilets jaunes. Responsables (en partie) de leur propagation, les GAFA auraient-ils compris l’importance de leur rôle dans la lutte contre ces intox ? Entre liberté d’expression et lutte pour une information juste et vérifiée, le combat s’annonce en tout cas périlleux.

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