C’est quoi la protonthérapie?

Jeudi matin, la protonthérapie et les deux centres ouverts prochainement en Belgique étaient sur les lèvres de tous les médias. À quoi sert-elle et qu’est-ce qu’on lui reproche ? Explications.

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Pas encore pratiquée en Belgique, la protonthérapie sonne comme un traitement miraculeux pour les patients atteints de certains cancers. Une procédure qui fonctionnerait surtout sur les enfants et sur les formes les plus rares de la maladie. La protonthérapie est une technique de radiothérapie qui permet de délivrer d’importantes doses de radiation sur les cellules cancéreuses. Son nom lui vient du faisceau de protons qu’elle focalise sur les lésions. Son gros avantage étant de cibler précisément et en profondeur les cellules à détruire sans trop déborder sur les tissus avoisinants (à l’inverse de la radiothérapie, à base de photons, qui endommage davantage les tissus sains).

Deux centres en Belgique

Pour le moment, ce traitement concerne moins de 50 patients en Belgique. Principalement des enfants envoyés chez nos voisins Allemands ou Hollandais vu l’absence de centre ici. Mais ça ne devrait bientôt plus être le cas puisque, non pas un, mais deux centres ouvriront bientôt leurs portes chez nous. L’un à Leuven, l’autre à Charleroi, soit à une poignée de kilomètres l’un de l’autre. Un centre de protonthérapie coûte environ 45 millions d’euros. Une somme qui hérisse le poil de certains qui la trouve astronomique. C’est notamment le cas de Bruno Delvaux. En direct du journal de 13h de la RTBF, le recteur de l’UCL pointait du doigt le bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette. Pour lui, la création de ce second centre est une décision purement politique qui répond au souhait de voir naître une contrepartie wallonne.

©Belga Images

Le débat de ce jeudi matin portait surtout sur les possibles remboursements de l’INAMI. Pour l’instant, les patients qui vont à l’étranger pour se faire soigner sont pris en charge par l’institut national d’assurances. Avant d’élargir le remboursement, l’INAMI était soucieuse de connaître précisément l’efficacité de la protonthérapie. C’est pourquoi elle a mandaté le centre de recherches de la KCE qui avait pour mission d’éplucher la littérature scientifique internationale et de détailler les avantages de celle-ci. Et c’est là que ça coince puisque la KCE a déclaré que cette analyse « n’a pas permis de trouver des preuves irréfutables de la supériorité de la technique par rapport à la radiothérapie conventionnelle ». L’utilité de construire et d’investir dans deux centres en Belgique pose donc doublement question. Pour la porte-parole de la KCE, Karin Rondia, difficile de vérifier si la pratique est aussi efficace que ce que la théorie semble affirmer. « Aucun essai clinique de qualité suffisante n’a encore été réalisé », argumente-t-elle.

En Belgique, entre 180 et 200 personnes répondraient aux critères actuels de l’INAMI pour bénéficier de la protonthérapie tout en étant remboursé. Vu les résultats obtenus après ses recherches, la KCE conseille de ne rien changer au dispositif actuel et de se contenter de rembourser les patients au cas par cas.

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