La fréquentation scolaire obligatoire dès 5 ans?

Plus d'un enfant sur dix ne se rend pas régulièrement dans l'école maternelle où il est inscrit. Le sujet sera débattu ce jeudi 24 janvier au Parlement fédéral.

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Inventer l’école était un grand pas en avant, très cher Charlemagne, encore faut-il que les enfants assistent au cours. Le taux d’inscription a beau être très proche des 100%, celui de la fréquentation n’atteint même pas les 90% en maternelles. Ce qui signifie qu’un élève sur dix est insuffisamment présent en classe.

Pour enrayer cette tendance à l’absentéisme, la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) avance un décret qui concerne la fréquentation scolaire et non l’obligation qui, elle, relève du niveau fédéral. L’objectif est de durcir les règles en imposant une fréquentation minimale de 80% en troisième maternelle, sans quoi, l’accès à la première primaire sera refusé.

Éric Etienne, porte-parole de la Ministre de l’éducation de la FWB, affirme que cette démarche est absolument nécessaire pour le bon développement de l’enfant : « On considère que les maternelles sont capitales et influencent l’ensemble du parcours scolaire. Lors des premières années de vie, les enfants sont véritablement des éponges : ils intègrent énormément d’informations« . L’objectif est de former les enfants au système scolaire le plus tôt possible afin que son fonctionnement soit parfaitement intégré. En résulterait également une meilleure sociabilisation.

Un système d’accompagnement

Dès septembre 2019, un nouveau système verra le jour afin de s’assurer de la présence des élèves. Fini le simple constat de fin d’année qui se contentait de sanctionner. On passe désormais à un suivi continu : « Cette méthode passe par trois contrôles répartis sur l’année. Le premier aura lieu un peu avant les vacances de Toussaint afin de débusquer les problèmes le plus rapidement possible« , annonce le porte parole. Et d’ajouter : « Ces constats au fil de l’année permettent également l’ouverture d’un dialogue avec les parents portant sur les motifs d’absence. On pourra alors corriger le tir en amont en incitant les parents à ne pas prendre les maternelles à la légère« . Une prise en charge qui n’était pas envisageable avant que l’enfant ait 6 ans, année à partir de laquelle l’école est obligatoire.

Pour le moment, la mise en place de ce dispositif semble avant tout relever de l’expérience. Si elle s’avère concluante, Éric Etienne pense prolonger cette logique : « On évaluera la possibilité d’étendre ce principe du contrôle de la fréquentation à la deuxième, puis à la première maternelle« . 

Une alternative ?

Une multitude de petits bureaux, des cartables qui jonchent l’allée et une dizaine de têtes blondes presque toutes attentives aux propos de l’instituteur/trice. Certains parents n’y voient pas une environnement propice au plein épanouissement de leur progéniture. L’instruction à domicile est alors privilégiée au système éducatif traditionnel. Bien que cette méthode d’enseignement demeure marginale (près de 1.000 élèves contre 800.000 à l’école), on peut constater qu’elle est en évolution depuis 2008, année du premier recensement en Belgique francophone.

 

Pour concrétiser cette décision, aucune compétence parentale n’est nécessaire : il suffit de remplir un formulaire de déclaration d’enseignement à domicile avant le 30 septembre. Des contrôles sont alors effectués tout au long de l’année afin de s’assurer que l’enfant possède le niveau d’étude requis. Cette instruction à domicile connaît un plus grand succès dans les pays anglo-saxons, peut-être qu’il en sera de même chez nous dans les années à venir. La pratique irait alors à l’encontre d’une obligation scolaire pour des enfants de plus en plus jeunes. 

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