Après 10 jours au fond d’un puits, le petit Julen peut-il encore être en vie ?

Le 13 janvier, Julen (2 ans) est tombé dans un puits de 25 cm de diamètre pour 100 mètres de profondeur près de Malaga, en Espagne. Les secours s'acharnent sans relâche pour récupérer le petit. Y-a-t'il encore de l'espoir?

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L’Espagne est en apnée depuis 10 jours. Tout le pays a les yeux rivé sur Totalan, une bourgade située près de Malaga, en Andalousie. Le 13 janvier dernier, Julen, un petit garçon de deux ans échappe à la vigilance de ses parents pendant quelques secondes et tombe au fond d’un puits aux dimensions disproportionnées : 25 centimètres de diamètre à peine pour 100 mètres de profondeur !

Depuis lors, les moyens déployés sur place pour le secourir sont exceptionnels : 300 personnes se relaient nuit et jour pour faire forer un second puits parallèle et creuser par la suite un tunnel horizontal pour rejoindre l’endroit où le petit a été localisé. Alors que le sol, très rocheux, rend la tâche extrêmement complexe, une erreur de calcul a encore retardé l’intervention des mineurs mardi… Mais les choses se précisent. Vers 6 heures ce matin, le retubage (renforcement) du puits vertical s’est terminé. Les foreurs ont nettoyé le passage pour que la descente de la cage qui amènera au fond les mineurs s’effectue sans encombre. La dernière opération (le forage du tunnel horizontal) prendra encore 24 heures supplémentaires…

« En sauvetage, il n’y a pas de règles »

Les secours poursuivent leurs efforts, mais l’espoir de retrouver le petit vivant semble inconcevable. En admettant qu’il ait survécu à la chute compte-tenu de l’étroitesse du puits, la privation d’eau et de nourriture sur une période aussi longue laisse peu de doute quant à une issue fatale. « Nous croyons en la possibilité de le retrouver vivant et nous nous battons tous pour le retrouver en vie », déclarait hier encore Rafael Galvez, le chef de la protection civile de la région de Malaga, cité par l’AFP.

D’autres experts affirment qu’il est possible que Julen soit encore en vie. « Tant qu’une victime n’est pas retrouvée, elle est toujours considérée comme vivante, insiste Didier Delabre, spécialiste français du sauvetage en milieu souterrain interrogé par LCI. Prenez l’exemple des tremblements de terre avec ces cas de bébés ou des personnes âgées qui sont retrouvées vivants après être restés sous les décombres plusieurs jours durant. Il n’y a vraiment pas de règle. » 

Paradoxalement, l’hypothermie inhérente aux faibles températures hivernales pourrait aussi jouer en faveur de l’infortuné. « Le froid permet aussi de prolonger la survie. Parce qu’à basse température, le métabolisme de l’être humain ralentit et les tissus sont préservés », explique Ivan Carabaño, pédiatre à Madrid interrogé par le quotidien espagnol El Paìs. Selon le docteur, le corps de Julen pourrait s’être plongé dans une sorte de veille, un sommeil accompagné d’un rythme cardiaque ralenti et d’un besoin en oxygène moins grand: « Dans ces circonstances extrêmes, l’organisme humain cherche à survivre de façon inimaginable. » 

C’est de la théorie. Mais c’est suffisant pour entretenir la foi d’un pays encore très catholique, qui prie pour qu’un miracle se produise et que Julen remonte vivant des entrailles de la terre.

Belga

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