Les manuels scolaires vont-ils rester machos ?

Un papa qui travaille et une maman qui cuisine : voilà le modèle familial que l'on continue à présenter dans les manuels scolaires de nos enfants. Une procédure pour changer tout ça et rendre l'enseignement plus sensible à l'égalité de genre avait été adoptée il y a deux ans. Tout vient d'être retiré.

Les manuels scolaires vont-ils rester machos ?

L’univers dans lequel baigne l’apprentissage scolaire de nos élèves est machiste. Une enquête a permis de se rendre compte du degré d’inégalité de genres qui sous-tend les outils utilisés dans nos écoles. Ainsi, huit fois sur dix, les métiers représentés sont masculins. Sept fois sur dix, les personnages accompagnés d’enfants sont des femmes. Et encore : les personnages féminins sont généralement « à l’intérieur » (à lire, cuisiner, faire le ménage, s’occuper des enfants…) tandis que les personnages masculins vont dehors (faire du sport, jouer, travailler). Une image d’Epinal qui coince garçons et filles dans une société patriarcale.

Un signal vraiment négatif

Voici plus de deux ans, sur une proposition d’Ecolo, une parade avait été trouvée et adoptée à l’unanimité. Les manuels scolaires bénéficiaient jusqu’ici d’un système d’agréments qui permettait de donner une indication qualitative au manuel. On avait ajouté des critères d’égalité de genres. Les écoles qui passaient par ce système d’agréments avaient droit à des subsides. Au grand dam du Conseil des Femmes et d’Ecolo, ce système d’agréments dans sa totalité a été retiré par la majorité PS-cdH. L’idée est d’apporter de la simplification administrative dans le système scolaire et d’encourager l’autonomie des établissements scolaires. Une charte, sans caractère obligatoire, va cependant être introduite ainsi qu’une labelisation. « Mais on nous annonce ça pour la fin de l’année sans plus de précision. Le signal qui est envoyé aux écoles sur ce point est vraiment négatif », déplore la députée écolo Hélène Ryckmans.

« Ce n’est pas une priorité pour la communauté enseignante »

Pour le Conseil des femmes, c’est loin d’être suffisant. « Nous savons d’expérience que, pour toutes sortes de raisons, la question de l’égalité sexuée n’est pas une priorité aux yeux de la plus grande partie de la communauté enseignante ni aux yeux des maisons d’édition, à quelques exceptions près. Raison pour laquelle il est d’autant plus important qu’un décret fixe les conditions dans lesquelles cet objectif d’égalité doit être poursuivi. Agrément, label ou autre formule, peu importe mais il revient au législateur de faire prévaloir ce principe et sa mise en œuvre », réclame le Conseil des femmes.

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