Pourquoi un peu de givre peut bloquer nos trains?

Ce matin, grosse pagaille sur la ligne reliant Ottignies à Bruxelles. La cause ? Le givre sur les caténaires. Comment un si petit événement climatique peut-il avoir un impact sur la circulation ferroviaire ? Explications.

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Ce vendredi matin, les usagers de la SNCB voulant rejoindre la capitale depuis Ottignies ont dû attendre… Dès le début de la journée, deux trains se sont retrouvés bloqués à hauteur de Rixensart en direction de Namur tandis qu’un troisième train, en direction d’Ottignies-Namur, s’est retrouvé immobilisé entre Rixensart et Profondsart. Une locomotive roulant au diesel a dû remorquer le train à l’arrêt et l’évacuer jusqu’à Ottignies. À l’intérieur du train : 300 passagers mécontents de rebrousser chemin. Le fautif ? Le givre qui s’est déposé sur les caténaires (les câbles porteurs et fils conducteurs permettant l’alimentation électrique des trains). « Ce phénomène perturbe l’alimentation électrique, car la couche de glace fait office d’isolant. Le train peut alors se retrouver à l’arrêt, sans pouvoir redémarrer », nous explique Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel.

Comment le gestionnaire du réseau n’a-t-il pas anticipé cet événement bien moindre que le vortex polaire de fin janvier qu’on nous présage depuis des semaines ? « On a des prévisions météo ciblées sur des phénomènes ayant une répercussion potentielle importante sur le trafic ferroviaire. Or ici, les prévisions météo n’avaient pas annoncé ce phénomène pour la portion de ligne concernée ce matin », déclare Frédéric Sacré. La zone n’est en effet pas considérée comme « à risques » comme le sont le sud des provinces du Luxembourg et de Namur, les lignes partant de la province de Liège vers l’Allemagne, et la sortie de Bruxelles-Midi en direction de Halle.

Des trains de dégivrage sont bien passés, mais uniquement dans le sud de la province du Luxembourg. « On ne peut pas passer partout. Si on se met à racler les caténaires toutes les nuits sur tout le réseau, cela va avoir d’une part un coût important et d’autre part, cela va affaiblir les caténaires ; on risque alors d’amplifier le risque de rupture de ce câble ».Un chaos évitable

Le réseau présente aussi différents types de train. Le « chaos » de ce matin aurait pu être évité, si les premiers trains à circuler avaient été des trains « moins sensibles » à cette perte de courant. Ils permettent alors de « nettoyer » la ligne et de permettre aux trains qui suivent de circuler sans problème.

Chez le gestionnaire du réseau, on admet que le blocage de ce matin a mis en difficultés les voyageurs et que l’événement ne doit plus se reproduire. « Un examen critique a été effectué. Il va y avoir une évaluation de la situation telle qu’elle s’est déroulée ce matin. On va apprendre de ce qui s’est passé pour voir dans quelle mesure on peut anticiper ce problème s’il devait survenir à nouveau ».

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