Les prisons ouvertes : une solution à la surpopulation carcérale belge?

Une épée de Damoclès est suspendue au dessus de la tête de la Belgique. Pour cause : un jugement rendu le 9 janvier exhorte le pays à résoudre le problème de sa surpopulation carcérale. L'État dispose de 6 mois pour trouver des solutions. Et c'est pas gagné.

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850 personnes entassées dans un espace prévu pour en contenir 549, cela ne semble pas digne de la Belgique. Il s’agit pourtant des chiffres de la surpopulation carcérale de la prison de Saint-Gilles. Ce constat alarmant a poussé le tribunal de première instance de Bruxelles à condamner l’État belge, le 9 janvier dernier. Le problème ne date pas d’hier mais les solutions tardent à se concrétiser. En 2015, déjà, la plateforme Avocats.be avait intenté trois actions en justice afin de pousser l’État à dégager des solutions appropriées. Ça n’a pas été le cas. Pire encore, la surpopulation carcérale est en hausse ! La condamnation octroie un délai de 6 mois à la Belgique pour résoudre une problématique qui traîne depuis trop longtemps. En atteste le graphique ci-dessous. 

 

Les prisons ouvertes : la solution suédoise

Les prisons ouvertes, c’est la fin de ce modèle ancestral où le passage par la case prison est significatif de sévère punition et d’exclusion pour le fautif, et de rien d’autre. Une fois libéré, l’ex-détenu d’une prison classique se trouve comme un lapin devant les phares d’une voiture, ne sachant pas où aller et que faire pour reprendre une vie normale… Les prisons ouvertes s’éloignent de ce modèle archaïque afin de favoriser la réinsertion des condamnés dans la société. Elles pourraient constituer une solution contre une surpopulation carcérale qui bat des records. On en trouve actuellement quelques-unes en Belgique, dont celles de Hoogstraten (province anversoise) et Ruiselede (Flandre occidentale). L’ouverture d’un troisième établissement est prévu en 2022 à Haren (Bruxelles).

Le principe de la prison ouverte est simple : tout est centré sur la réhabilitation. En Suède, ce modèle existe depuis plusieurs années et fonctionne à merveille. Dès son entrée en prison, le détenu est pris en charge afin de comprendre sa situation et de construire un plan d’action qui lui est spécifiquement adressé. Ses semaines en prison sont rythmées par au moins trois types d’activités différentes, allant des formations professionnelles au travail manuel, en passant par de des séances de médiation ou d’accompagnement vers la resocialisation. Fini de tourner en rond dans sa cellule pendant des heures à ruminer ! D’autant plus que les prisonniers peuvent déambuler librement dans l’enceinte de l’établissement pénitentiaire et discuter entre eux. 

La réinsertion en priorité

Les détenus participent activement au fonctionnement de la prison via des activités concrètes (cuisine, ménage, etc.). Ils perçoivent même une légère rémunération qui tend à les responsabiliser, car beaucoup de jeunes prisonniers n’ont jamais travaillé de leur vie. Ils peuvent sortir de prison avec des compétences nouvelles et un suivi favorisant la réinsertion sociale. Ce suivi est prévu dans des programmes d’intervention spécialisés qui visent à limiter le risque de récidive. Cela passe par le traitement des problèmes antérieurs à l’incarcération tels que les addictions. 

Avec un système de prisons ouvertes en place depuis plusieurs années, la Suède n’est absolument plus concernée par la surpopulation carcérale : le pays fermait même des prisons, faute de détenus, en 2013. D’autres éléments soutiennent cette tendance : des peines plus courtes, des sanctions financières qui remplacent la privation de liberté, des bracelets électroniques, des travaux d’intérêt général, etc.

Le temps passe et la Belgique est quant à elle dos au mur : il faut trouver une solution pour venir à bout de la surpopulation carcérale dans de très brefs délais. L’exemple nordique pourrait inspirer nos dirigeants… 

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