“Le climat doit être la colonne vertébrale de la campagne électorale”

Inspirés par la fougue des jeunes, leurs aînés pourraient à leur tour "brosser le boulot" et les rejoindre dans les rues de Bruxelles pour manifester. La “grève climatique”, la solution face à l'inaction politique?

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Le 24 janvier, nous marcherons une troisième fois pour réclamer une lutte ambitieuse et juste contre le réchauffement climatique. Parles-en à tes camarades de classe, tes professeurs, ton directeur d’école, demande aussi à tes parents de te soutenir en écrivant un mot d’excuse. Tous ensemble, allen samen, nous voulons faire partie de LA PLUS GRANDE GRÈVE POUR LE CLIMAT jamais vue en Belgique.” Sur Facebook, l’appel est lancé. Les élèves du secondaires incitent leurs pairs à les rejoindre une nouvelle fois jeudi prochain à Bruxelles.

Ils étaient 12.500 à avoir brossé les cours pour manifester dans les rues de la capitale jeudi. Combien seront-ils la semaine prochaine? Les organisateurs, optimistes, affichent leurs ambitions sur l’événement Facebook: “Si chaque personne présente jeudi 17 ramène 10 personnes, alors on sera 125 000 jeudi prochain.” Qu’elle est belle la fougue de la jeunesse! Et si on s’en inspirait? Dans le “monde adulte” aussi des voix s’élèvent et appellent les travailleurs à rejoindre les élèves: “La lutte contre le réchauffement climatique est un enjeu majeur qui mérite bien une grève”, affirme ainsi le professeur de la KUL Lieven De Cauter dans une tribune relayée par Le Soir. “Si 70.000 personnes un dimanche n’impressionnent pas la classe politique, peut-être que 70.000 personnes un jeudi pourraient le faire. Si tous les navetteurs de bonne volonté allongent leur lunch et jettent un coup d’oeil dehors, on sera déjà beaucoup.

Face à l’inaction politique, devrions-nous tous enfiler des gilets verts et organiser une grève climatique spontanée? “Quand on voit, d’une part, ces milliers d’élèves qui se mobilisent et qui ont l’intention de continuer et, d’autre part, la marche Rise for Climate programmée le dimanche 27 janvier et qui est aussi organisé par un collectif de citoyens, on se dit qu’on a réussi ce qu’on voulait. C’est le couronnement de 10 années de travail de sensibilisation”, se réjouit Nicolas Van Nuffel, le président de la Coalition Climat. L’organisation à l’initiative de la marche Claim the Climate, ne souhaite pas s’approprier le crédit des mobilisations écolières, mais les encourage volontiers à poursuivre: “L’initiative leur appartient. Ceux sont ces jeunes qui vont payer le prix de l’inaction climatique. Laissons-les faire entendre leur voix et travaillons en partenariat avec eux.

Contrer l’inaction politique

La voix du plus grand nombre sera nécessaire pour faire avancer les choses. Si la vague verte du 2 décembre dernier a été le moteur d’une prise de conscience politique du sentiment de l’opinion publique face à climatique, les déclarations des responsables en Belgique tardent à se convertir en actions. Sans même parler de la COP24 qui s’est conclu dans un climat de déception… Nicolas Van Nuffel tient à nuancer: “On a tout de même constaté une évolution de l’agenda politique depuis le 2 décembre. La Région Bruxelloise a rehaussé ses ambitions par rapport au diesel avec l’instauration de zones à basses émissions, la Région wallonne a aussi pris des dispositions et on a remarqué à la chute du gouvernement que le climat se retrouvait au coeur des discussions. Tous les partis, hormis peut-être la N-VA, ont déclaré vouloir désormais traiter le climat comme une priorité. Il y a une ébauche du plan national d’énergie climat qui a été adoptée à la fin du mois de décembre. Un texte sur base duquel on va pouvoir discuter.

Claim the Climate a en quelque sorte servi d’électro-choc. La Belgique avait perdu le fil de ses engagements climatiques avec une législature totalement inerte en matière d’écologie. Le pays a accumulé du retard et les responsables politiques semblent enfin en avoir pris la mesure dans leurs déclarations. Suffisant pour avoir une garantie d’actions? “Il est primordial que les citoyens restent mobilisés. Compte tenu du gouvernement en affaires courantes, certains dossiers climatiques notamment seront compliqués à faire avancer… Mais nous allons continuer de faire pression pour que la Belgique se positionne du bon côté de l’histoire comme disait Charles Michel. Des pays européens se sont engagés à réduire leurs émissions de 55% d’ici 2030. Il faut être de ceux-là! Nous devons maintenant travailler à influencer les programmes des partis politiques et le débat électoral. L’émergence de nouveaux mouvements nous réjouit parce qu’ils mainteniennent une pression qui va encore renforcer notre légitimité à demander du changement.

Le climat est devenu un enjeu majeur et urgent pour une bonne partie de l’opinion publique, tous âges confondus. Il doit aussi devenir la priorité de l’agenda des partis, toutes couleurs politiques confondues.

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