Trois choses à savoir sur l’affaire Cesare Battisti

Condamné pour plusieurs homicides, Cesare Battisti est revenu en Italie après avoir passé la majeure partie de sa vie à fuir la justice. À 64 ans, la fugue est terminée. Retour sur 37 années de cavale en trois questions...

belgaimage-144054386-full

Qui est-il ?

Cesare Battisti était un jeune Italien au parcours chaotique. Il met prématurément un terme à son parcours scolaire et s’adonne à divers délits mineurs et autres larcins au début des années 70. C’est pendant un séjour en prison, en 1974, qu’il se rapproche de l’extrême gauche. Libéré en 1976, il rejoint la lutte et devient membre du groupe des Prolétaires armés pour le communisme (PAC). Ses méfaits les plus violents surviennent pendant une période nommée « Les années de plomb« . Pendant deux décennies, entre 1970 et 1990, les violences politiques pullulent et causent des milliers de morts. Le point culminant de ce désordre correspond aux années de crimes de Cesare Battisti, entre 1977 et 1979, que l’Italie qualifie désormais de terroriste.

Ses méfaits ?

Cesare Battisti a finalement foulé le sol de l’Italie afin d’y être condamné à perpétuité pour son implication dans l’assassinat de quatre personnes. Il est reconnu comme coupable direct des meurtres d’un gardien de prison et d’un policier, ainsi que pour complicité dans le cadre des deux autres meurtres, un charcutier et un bijoutier. Ce dernier a particulièrement ému la population car le fils du commerçant a reçu une balle perdue qui l’a rendu tétraplégique… As-t-il réellement commis ces crimes ? Lui, en premier lieu, revendique son innocence. Certains auteurs français, comme Bernard Henry-Lévy et Fred Vargas, clament qu’aucune preuve matérielle n’incrimine le condamné et que son procès est parsemé de fautes. Quoiqu’il en soit, son avenir semble désormais scellé. 

Où était-il toutes ces années? 

En quatre décennies, le criminel a beaucoup voyagé… En 1980, il est condamné à treize années d’emprisonnement. Mais la PAC ne l’entend pas de cette oreille. Le groupe exfiltre Battisti en moins de dix minutes lors d’une action solidement organisée, digne d’une intervention militaire. Il s’envole alors brièvement pour Paris en 1983. Le gouvernement Mitterand se positionne à ce moment contre l’extradition des activistes ayant renoncé à la lutte armée. L’évadé séjourne donc sept ans au Mexique avant de retrouver l’hexagone et de se lancer dans des reconversions étonnantes. Gardien d’immeuble dans un premier temps, puis écrivain à succès… En 2004, il rejoint clandestinement le Brésil pour quinze années tumultueuses de cavale qui prennent fin lors du mandat du nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, qui en avait fait une promesse de campagne. Dans la soirée du 12 janvier, le fugitif est interpellé en Bolivie, où il était entré illégalement. Cette dernière arrestation marque probablement la fin définitive de la liberté du sexagénaire.  

Plus d'actualité