Saint-Trond nomme un échevin pour lutter contre la solitude : une première

La ville de Saint-Trond prend une initiative innovante pour la Belgique : créer une échevinat de la solitude. L'objectif est de contrer un mal qui ronge toutes les générations. 

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Dans de nombreuses familles, la fin de l’année est significative de festivités. C’est le moment de se rassembler et de passer la soirée autour d’un bon repas. Les enfants trépignent d’impatience à l’idée de déballer cette belle boîte qui attend sous le sapin. Souvent résumées à leur caractère consuméristes, les fêtes de fin d’année n’en demeurent pas moins un moment de partage avec les proches. Malheureusement, pour certains, il ne s’agit là que de doux rêves qu’ils ne peuvent conter à personne. Ils sont seuls. En Belgique, l’Enquête nationale du bonheur de l’assureur-vie NN, en collaboration avec l’université de Gand, révèle que 46% des Belges sondés (1600) souffrent de la solitude. La ville de Saint-Trond se donne une mission de taille : endiguer le sentiment de solitude de ses habitants.

Saint-Trond en fer de lance

Le premier échevin trudonaire de la solitude n’est autre que Pascal Monette, actuel président du CPAS. À ce poste, il a pu côtoyer de nombreuses personnes plongées dans la précarité sociale, un des éléments susceptibles de favoriser la solitude. Parfaitement conscient de la problématique, le membre de l’Open Vld décide de prendre le problème à bras le corps. Il confie les intentions derrière ce projet à nos confrères de la RTBF : « Le but est de médiatiser le problème. Nous voulons sensibiliser les gens pour qu’ils regardent autour d’eux, qu’ils soient attentifs à leurs voisins. On essaie de travailler avec la police, les médecins, les institutions et n’importe qui d’autre qui peut repérer ces personnes en souffrance« . 

Pascal Monette ©Open Vld

Le diagnostic est désormais limpide, et le premier échevin de la solitude désire agir concrètement. La création d’un point de contact figure donc au programme. Le but ? Permettre aux personnes concernées de venir s’exprimer sur leur mal-être. De la sorte, il sera plus facile d’apporter une aide appropriée aux habitants en proie à la solitude. Une démarche nécessaire quand on sait qu’il s’agit de l’un des facteurs les plus fréquents pouvant pousser au suicide.

La solitude en chiffres

Beaucoup de facteurs peuvent influencer le sentiment d’être seul. On y trouve, entre autres, celui des relations amoureuses. Le vieil adage qui nous préconise d’être seul plutôt que mal accompagné est avéré par l’enquête : les personnes dans une relation qui ne les satisfont pas ont 3,7 fois plus de chances de se sentir seules, contre 3,6 en l’absence de relation. La différence est maigre mais belle et bien existante.

Une idée autre reste profondément ancrée dans les croyances populaires, c’est que la solitude touche majoritairement les personnes les plus âges. L’enquête révèle l’importance du sentiment de solitude selon les tranches d’âge, et le résultat est inattendu. 

 

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