Mais il se passe quoi chez Proximus?

Selon des sources syndicales – non confirmées – Proximus risque de supprimer 2.000 emplois prochainement. En cause : un chiffre d’affaires en baisse ces dernières années et le projet du ministre De Croo.

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L’histoire commence par des bruits de couloir relayés par le syndicat socialiste CGSP/ACOD mardi après-midi. Soucieux de devenir davantage compétitif et de préparer sa transition digitale, Proximus serait sur le point de supprimer 2.000 emplois sur les plus de 13.000 que compte l’entreprise (soit 1 emploi sur 6). Procédure Renault oblige, rien ne peut être confirmé publiquement tant que les syndicats n’ont pas reçu l’information. Du côté du télécom on parle d’un « plan d’économie en préparation » justifié principalement par cette transition #shifttodigital qui se concrétise et qui veut préparer l’entreprise aux nouveaux défis.

L’idée de cette possible restructuration serait donc d’optimiser les coûts et de rendre l’entreprise plus compétitive. Proximus peine à faire face aux autres opérateurs présents sur le territoire belge (Orange et Telenet) qui, eux, emploie largement moins de personnel tout en accusant de bons résultats. Pour limiter la casse, le télécom a déjà lancé en 2016 un plan de départ anticipé qui s’étend jusqu’en 2020, mais visiblement insuffisant.

4e opérateur sur le marché?

Pour la CGSP, le coupable de ces futurs licenciements est tout désigné : Alexander De Croo. « Ce plan d’économies est directement lié à la décision incompréhensible du ministre De Croo d’ouvrir le marché à un quatrième opérateur », martèle-t-elle. En juin dernier, le ministre des Télécoms soumettait l’idée d’ouvrir le marché à un quatrième opérateur qui viendrait doper la concurrence (possiblement Free et ses prix cassés). Loin d’être confirmée, l’idée fait froid dans le dos de Proximus qui risque d’en pâtir et de voir ses recettes chuter davantage.

Les prix des télécoms belges restent élevés. Surtout quand on jette un œil chez nos voisins français. L’arrivée d’un opérateur aux prix cassés attirerait sans surprise les clients. Et cette peur est fondée : en France, l’arrivée de Free a engendré la perte de 15.000 emplois, rappelle Le Soir. Si Proximus reste les bras croisés, les pertes pourraient s’avérer d’autant plus importantes.

Convocation chez le Premier ministre

Mécontent de ne pas avoir été prévenu préalablement des intentions de la direction, Charles Michel a convoqué mercredi matin Dominique Leroy, CEO de Proximus. L’État belge étant le principal actionnaire de la société, elle doit rendre des comptes au gouvernement fédéral. Et cette entrevue ne risque pas de rassurer les employés du télécom. D’après le ministre de l’Emploi, Kris Peeters, le plan de restructuration impliquerait 1.900 licenciements et 1.250 embauches. Des chiffres qui se confirment, sans pour autant être définitifs.

Dominique Leroy et Kris Peeters ©Belga Images

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