La justice américaine «très inquiète» suite à la sortie d’un documentaire accablant R. Kelly

Le chanteur est au cœur d'une nouvelle polémique, suite à la diffusion du documentaire « Surviving R. Kelly » qui l'accuse d'agressions sexuelles sur mineures. On y découvre de nombreux témoignages très troublants.

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« Je pensais vraiment que j’étais spéciale. Dans ma tête, j’étais sa petite-amie. » Lisa Van Allen est l’une des nombreuses victimes du chanteur R. Kelly, notamment connu pour son titre « I Believe I Can Fly ». Elle s’exprime l’air détaché, dans un nouveau documentaire accablant de la châine Lifetime concernant l’artiste de 52 ans, comme si elle racontait une histoire qui ne la concernait pas.

On comprend rapidement qu’il s’agit d’un mur de protection, qui se fissure au fur et à mesure de l’entretien. « Une fois, un pote à Robert (R. Kelly) est venu au studio. Il a commencé à nous parler et je lui ai répondu. C’est une réaction normale. Mais R. Kelly a commencé à s’énerver en me disant que je ne pouvais parler à personne. Que je devais regarder droit devant moi et ne m’adresser qu’à lui. » Elle ajoute qu’elle devait l’appeler « Daddy » et lui demande la permission à chaque fois qu’elle voulait quitter une pièce, manger, ou même aller aux toilettes.

A l’époque de sa rencontre avec Robert Sylvester Kelly, de son vrai nom, Lisa Van Allen n’a que 17 ans. Elle tombe très rapidement sous la coupe du chanteur, alors à l’apogée de sa carrière. C’était il y a une vingtaine d’année, l’artiste avait 32 ans… soit quasiment le double de l’âge de Lisa. Elle a été l’une des premières femmes à s’exprimer contre R. Kelly.

Sa relation avec lui a duré neuf ans: de 1998 à 2007. En 2000, elle aurait découvert être enceinte de l’enfant de R. Kelly et a subi un avortement. Aujourd’hui, cette femme âgée de 37 ans affirme que son comportement présumé envers les filles la mettait si mal à l’aise qu’elle en a tenu compte quand elle a décidé de mettre fin à sa grossesse.

En 2008, la jeune femme se retrouve au cœur d’une violente tempête médiatique, parce qu’elle choisit de témoigner contre son ancien amant dans une affaire de pornographie juvénile. A l’époque, la jeune femme avait affirmé avoir participé à plusieurs actes sexuels à trois avec R. Kelly et une fille de 14 ans entre 1998 et 2000…

Elle serait loin d’être la seule à être tombée sous l’emprise du chanteur, âgé aujourd’hui de 52 ans. C’est ce que l’on découvre dans un très long documentaire (6 heures) de la chaîne américaine Lifetime. Il est composé d’une cinquantaine d’entretiens avec de nombreuses « survivantes » de l’artiste, toutes adolescentes lors de leur rencontre avec R. Kelly. On y découvre également les témoignages du frère ou de l’ex-femme de l’artiste.

Diffusé la semaine dernière aux États-Unis, ce documentaire accablant a rapidement fait réagir la justice américaine. La procureure Foxx a jugé mardi ces accusations « très très inquiétantes » et indiqué être en contact avec deux familles de jeunes femmes qui seraient actuellement sous l’emprise de R. Kelly. Elle a également lancé un appel à témoins. «S’il vous plaît, contactez-nous, a déclaré Kim Foxx. Nous ne pouvons pas enquêter sur ces accusations sans la coopération des victimes et des témoins.»

En effet, de nombreuses personnes affirment que d’autres post-adolescentes habiteraient chez le chanteur, transformées en « esclaves sexuelles ». Son processus est bien rôdé : après avoir rencontré une jeune femme dans un grand magasin ou simplement dans la rue, son garde du corps irait à la rencontre de cette dernière pour lui donner le numéro de téléphone de R. Kelly. Il l’inviterait ensuite à le rejoindre pour un repas chez lui et commencerait un véritable lavage de cerveau.

« J’avais le sentiment que mon silence l’autorisait à continuer… Il me disait que personne – à part lui – ne m’aimait. Il me maltraitait, mais en même temps j’étais tellement à l’ouest que je me disais que j’avais peut-être fait quelque chose de mal qui justifie son comportement. » détaille Kitti Jones, une autre « survivante » du chanteur. « Est-ce que l’on peut dire que j’ai subi un lavage de cerveau ? Oui, sans aucun doute. » ajoute Faith Rodgers.

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