Barbie: 60 ans, pas une ride mais beaucoup de progrès

Barbie souffle ses 60 bougies en 2019. Il parait que l’égérie de Mattel n’a pas pris une ride. Assez logique pour une poupée… Pourtant, les mentalités de ses concepteurs ont, elles, bien évolué.

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Il y a 60 ans, la co-fondatrice de l’entreprise Mattel, Ruth Handler, constate que sa fille ne dispose pas de suffisamment de types de jouets différents à l’inverse de son fils. Fin des années 50, seuls des poupées à l’effigie de poupons sont proposées aux petites. Les réflexions sur le fait que les jouets ne doivent pas être genrés sont encore loin. Tout comme l’idée que l’enfant, peu importe son sexe, peut s’amuser avec ce qui lui chante. Autre époque, autre mentalité. De ces constatations de maman, naît la seule, l’unique, la poupée Barbie. Blonde aux yeux bleus, jambes aussi fines qu’élancées, la nouvelle idole en plastique des enfants « correspondait aux canons de beauté de son temps et ses mensurations étaient adaptées aux tissus de l’époque », assure Carlyle Nuera, designer de Barbie à l’AFP. Il ne faudra pas attendre le 21e siècle pour que lesdits canons soient violemment critiqués par la plupart des femmes (et des hommes, coucou Ken) qui ne ressemblent en rien à la pin-up de Mattel.

Au même titre que la publicité influence fortement les jeunes, les jouets agissent sur la perception que les enfants ont d’eux-mêmes et du monde. Les concepteurs entendent la critique et ne tardent pas à rectifier le tir. Sauf que dans l’imagerie collective, Barbie a bien du mal à se défaire de ce cliché d’américaine longiligne quelque peu superficielle. Des Barbie aux cheveux bruns, noirs, roux, des couleurs de peau de toutes les teintes, des poupées plus rondes, plus petites, la marque s’efforce de représenter toutes les femmes du monde. Aujourd’hui, plus de la moitié des poupées vendues ne sont « ni blondes ni aux yeux bleus« , promet Lisa McKnight, directrice générale de la marque Barbie.

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Des Barbie pour tous les goûts

Mattel tente de faire évoluer son produit le plus vendu en même temps que les mœurs de son époque. En mars dernier, la marque présentait une collection de « femmes inspirantes » issues des quatre coins du globe. En novembre 2017, la première Barbie voilée faisait également son apparition sur le marché.

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Dernièrement, un couple homosexuel américain a également interpellé Mattel dans un post Instagram. Alors qu’ils s’apprêtent à célébrer leur union, Nick Caprio et Matt Jacobi, décident d’offrir à leur petite nièce deux poupées à leur effigie. Sauf que, problème, aucun couple homosexuel n’est commercialisé. Qu’à cela ne tienne, les futurs mariés achètent deux Ken qu’ils enferment dans une boîte. La photo est publiée sur leur compte Instagram et invite Mattel à agir pour pallier ce manquement. Un cliché qui devient évidemment viral et arrive jusqu’à l’entreprise américaine qui décide de rencontrer Nick et Matt pour plancher sur des futurs modèles.

La conception d’une nouvelle version de Barbie prend du temps et ils sont des centaines de cerveaux à les concevoir. Un délai sûrement trop long pour ceux qui voudraient pouvoir offrir aux plus petits des jouets de personnes auxquelles ils ressembleront plus tard. Quoi qu’il en soit, Mattel fait, depuis 60 ans, indéniablement preuve de bonne volonté et tente tant bien que mal de se diversifier.

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