Benalla: retour en 5 dates sur l’affaire qui secoue l’Elysée

Avec l'affaire des passeports, le chargé de mission à l'Élysée complique fortement, par ses actes et ses sorties médiatiques à répétition, le quotidien du président depuis juillet.

 

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Comment Emmanuel Macron pourrait-il définitivement se sortir de l’affaire Benalla. Plombé après la coupe du Monde de football au cœur de l’été par les agissements de son chargé de mission, le président a vu sa fin d’année, déjà compliquée par les gilets jaunes, se pourrir avec le retour de l’affaire Benalla.

Ce membre des jeunes socialistes, qui a été portier d’un bar, a notamment travaillé pour la sécurité de Martine Aubry en 2011 puis au service d’ordre de François Hollande pour la campagne de 2012. Pendant la campagne présidentielle, il intègre l’équipe de sécurité d’Emmanuel Macron. Après sa victoire, Alexandre Benalla devient « chargé de mission » en matière de sécurité. Il le suit tant dans ses déplacements officiels que privés. L’affaire éclate lorsqu’il est filmé alors qu’il frappe un jeune homme en marge de manifestations du 1er mai. Sur les images, Benalla porte des équipements de police réservés aux forces de l’ordre. Le 3 mai, informé de ces agissements, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, le suspend.

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Voici, en 5 dates, les principaux éléments de cette affaire qui débute le 18 juillet lorsque le quotidien Le Monde dévoile « les violences commises lors de manifestations à Paris« .

19 juillet

Le parquet de Paris annonce l’ouverture d’une enquête préliminaire. Des policiers sont suspendus et une commission d’enquête est constituée. Pendant ce temps, l’Élysée entame la procédure de son licenciement. Placé en garde à vue, il est mis en examen avec quatre autres suspects. Pendant ce temps, le Président français reconnaît « des dysfonctionnements à l’Élysée ». Le 23 juillet, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale auditionne notamment le ministre, proche de la première heure de Macron, Gérard Collomb. Ce dernier se refuse à endosser toute forme de responsabilité dans ce fiasco. De son côté, le Premier ministre, Édouard Philippe, parle d »une dérive individuelle« . Enfin,  Emmanuel Macron joue avec les allumettes et affirme devant  son gouvernement et sa majorité parlementaire que « Le seul responsable de cette affaire, c’est moi ». Il rappelle que M. Benalla était « quelqu’un de dévoué » et qu’il est « fier de l’avoir embauché« .

19 septembre

Alexandre Benalla se rend à son audition devant le Sénat. Il y reconnaît avoir travaillé auparavant pour des sociétés de conseil en sécurité. Il avoue aussi avoir « fait une demande à titre personnel d’autorisation de port d’armes pour des motifs de défense et de sécurité personnelle ».

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24 décembre

La veille de Noël, l’affaire Benalla rebondit lorsque le journal Le Monde annonce qu’il se trouvait au Tchad quelques jours avant une visite du président Macron et qu’il a notamment rencontré le président Idriss Déby. L’Élysée réagit : « il n’y était pas en tant qu’ émissaire officiel ou officieux« . La présidence ajoute que Benalla ne l’a tenue au courant de ses déplacements que le 20 décembre.

27 décembre

Mediapart annonce qu’Alexandre Benalla voyage avec deux passeports diplomatiques, dont un délivré le 24 mai 2018. Cela provoque l’émoi : lors de son audition sous serment du 19 septembre dernier, il avait affirmé avoir laissé ces documents à l’Elysée lors de son départ. De son côté, le Quai d’Orsay dit avoir réclamé « fin juillet la restitution des passeports« . Au JDD, journal du dimanche, Benalla dit que « les passeports se trouvaient bien dans son bureau » et qu’on lui a rendu début octobre. Le 29 décembre, il affirme vouloir les rendre. Le parquet de Paris annonce ouvrir une enquête pour « abus de confiance ».

30 décembre 

« Je ne me tairais plus. » Le bras de fer se poursuit entre Benalla et le président. Il affirme à Mediapart avoir eu plusieurs échanges avec Macron depuis son licenciement via la messagerie Telegram. Il certifie même en avoir la preuve sur son téléphone. Le 2 janvier, le Canard enchaîné dévoile l’information selon laquelle Emmanuel Macron a évoqué devant ses conseillers avoir échangé à deux reprises succinctement depuis l’été avec Alexandre Benalla. 

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