Gilets jaunes : multiplication des divisions

On ne sait pas qui il sont, ni pourquoi ils existent, mais les gilets jaunes sont toujours là.

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Des violences injustifiables, des morts accidentelles, des coups bas aux commerces, des poussées de nationalisme global, des relents racistes en général, antisémites en particulier… Certes la plupart de ces écarts venaient de France, mais ils ont peu à peu fait perdre jusqu’en Belgique toute sympathie spontanée pour le mouvement.

Et pourtant, il est difficile d’affirmer que le peuple a tort, surtout quand on connaît ses raisons, qui, elles, n’ont pas changé. Allocations, pension, salaire minimum trop bas, taxes et impôts trop hauts, renforçant en plus des inégalités déjà frappantes… Mais la diversité de ces colères, absolument pas cadrées ni officiellement relayées et soutenues, rend leur apaisement quasi impossible. Car en plus, les revendications des uns ne feraient pas le bonheur des autres.

Rappelons qu’en France et en Belgique, au moment où les premiers gilets jaunes s’énervaient contre les taxes environnementales, dans ces mêmes pays, des centaines de milliers de gens réclamaient plus d’égards pour la planète. Et même si la classe politique y voyait clair, elle est elle-même si divisée et si faible qu’elle ne pourrait pas décider grand-chose.

Là-dessus, Charles Michel n’a pas menti. La Belgique n’est qu’un des quatorze gouvernements minoritaires dans l’Europe des 28. En cause, la chute des partis traditionnels, démocrates de gauche ou de droite, ils ont perdu leur ancrage historique (catholique, ouvrier, rural, bourgeois) et même une part de leur raison d’être.

La sécurité sociale, premier devoir exigé par les citoyens de leur gouvernement, ne peut plus guère progresser. Et les menaces, réelles ou fantasmatiques, qui peuvent peser sur elle sont plus franchement prises en compte par les extrêmes des deux bords.

Si on ajoute une Europe qui déçoit, des velléités indépendantistes, des partis ciblés (pour les femmes ou contre l’exploitation des animaux), le tout associé à un désengagement des électeurs sans illusion, il y a gros à parier que la grande question du quiz 2019 restera : élitiste ou populiste ?

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