Pierre Kroll : « Je dirais à Trump de parler un peu moins et à Salah Abdeslam de parler un peu plus »

Champions du monde résume l’actu de l’année.  L’occasion de voir de quoi était faite la sienne.

Pierre Kroll Olivia Droeshaut & Yves Dethier © DYOD
Kroll

Comment c’était cette année ?

Disons que j’ai déjà connu mieux… 

Ah bon ?  Rien de grave, j’espère… La petite santé ?

C’est vrai que j’ai terminé l’année avec une main écrabouillée par un cric de voiture sur l’île de São Tomé et un doigt recousu au fil de pêche, mais bon..  Sinon c’est une année qui a été un peu une période de doute… 

Une période de doute ? 

Oui, par exemple je me suis beaucoup demandé ce que j’allais faire avec mon spectacle (Pierre Kroll en scène – NDLR). J’ai beaucoup aimé le jouer, mais là, je me dis que si je veux continuer, je dois peut-être en écrire un nouveau… Je me dis aussi que j’ai fêté mes 60 ans au mois de mars, je n’ai pas pour habitude de regarder en arrière, mais je me demande ce que je vais faire avec tout ce que j’ai déjà fait. Quand j’ai commencé, j’étais seul à produire un album de l’année – aujourd’hui ce n’est plus vrai… 

Pourtant vos personnages restent iconiques… 

Oui, mais en cours de route, j’en ai quand même perdu. J’ai perdu Albert II, j’ai perdu Louis Michel… C’est pour ça que je dis à Elio Di Rupo de ne pas abandonner. Elio Du Rupo, s’il te plaît, n’écoute pas ceux qui te demandent de partir. Reste et continue à te teindre les cheveux que je puisse continuer à te dessiner. 

Quel est l’événement qui vous a fait rire de peur de devoir en pleurer ?

Le retour des Diables Rouges sur la Grand-Place de Bruxelles avec, au balcon de l’Hôtel de ville, aucun membre du gouvernement, aucun représentant politique… C’est comme ça en Belgique, il faut toujours faire attention : si on met un Flamand, il faut mettre quatre francophones… Alors que le président Macron disait que c’était la France qui avait gagné, le roi disait aux Diables “C’était bien, vous avez eu un beau bulletin”. C’est ridicule, au moment où le peuple chante ”On s’en bat les couilles”.

Qu’auriez-vous dû faire cette année que vous n’avez pas fait ?

J’ai entamé une collaboration avec un magazine français – ebdo – qui n’a connu que onze numéros. Ma carrière dans la presse française a été assez brève.

Quelle est la personnalité à qui vous auriez deux mots à dire ? 

Donald Trump qui commence à nous gonfler avec ses tweets. S’il pouvait aller jouer au golf plus que un jour par semaine… Je dirais à Trump de parler un peu moins et à Salah Abdeslam de parler un peu plus. 

Qu’avez-vous fait pour la planète cette année ? 

(Silence.) J’ai raté un avion. Je ne suis pas un super-héros en la matière, mais j’ai raté un avion. Ça compte… 

Êtes-vous David Hallyday ou Laeticia Hallyday ?

Ça dépend pour faire quoi, mais je suis David Hallyday. 

Avez-vous vu le film Bohemian Rhapsody ? 

Non, pas encore. Je ne suis pas un fan invétéré de Queen, mais si j’en crois certains critiques, le film en vaut vraiment la peine – même si je n’attache pas beaucoup d’importance à la critique cinéma qui est souvent de la promo déguisée… Mais bon, j’écoute la critique qui me paraît sincère. 

Que diriez-vous à un enfant né en 2018 ?

Que j’ai confiance en lui.

Feriez-vous des enfants en 2019 ? 

Non. Ou alors par hasard.

CHAMPIONS DU MONDE, Les Arènes, 96  pages.

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