Petite démonstration de démocratie interne façon PS

Paul Magnette tête de liste à l’Europe : votez pour moi, mais je ne siégerai pas…

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Anticipées ou pas, ça fleure les élections 2019 à pleins naseaux. Et le soir de ce scrutin, on se demandera pour la 347e fois le pourquoi de ce gouffre entre le citoyen et le politique. Tentative de réponse avec une démonstration de démocratie interne façon PS (applicable à d’autres). Elle débute en 2014 : après 541 jours sans gouvernement et une courte législature, Elio Di Rupo croit avoir sauvé la Belgique comme Premier ministre de la bricole. Et le PS est dans l’opposition pour cinq ans: belle occasion d’enfin passer la main à la tête du parti et de renouveler les cadres.

Mais l’ex-Premier ministre s’autodésigne président pour cinq ans de plus jusqu’en 2019 (il l’est déjà depuis 1999). C’est que l’homme s’estime indispensable, même si l’opposition à la Suédoise est radoteuse et le statisme du PS est pathétique. Surprise toutefois aux communales d’octobre dernier : à Mons, dont il est maïeur depuis 18 ans, l’empereur Elio abdique pour son dauphin désigné, Nicolas Martin. Sa Majesté aurait-elle aussi décidé de se retirer en douce de la tête du PS, six mois avant les élections, et ce dans un timing parfait ? Que nenni ! Et il y a dix jours, re- surprise : Di Rupo s’autodésigne tête de liste du Hainaut pour les législatives. Sans prévenir personne. Or, en Hainaut, il y a aussi Paul Magnette, 47 ans, le plus apprécié et le populaire des socialistes, plus punchy et parfait bilingue. Donc capable en débat de mettre la pâtée à un Bart De Wever (il l’a déjà fait). Mais Elio a décidé que ce serait Elio. Paulo sera tête de liste à l’Europe, tout en prévenant d’emblée qu’il n’y siégera jamais puisqu’il restera bourgmestre de Charleroi. Magnette sera aussi le porte-parole du PS durant la campagne.

Je résume donc ce qui est proposé par le PS au citoyen-électeur : votez Magnette député européen qu’il ne sera jamais. D’ailleurs il sera en Belgique pour porter la parole du PS afin qu’Elio redevienne ce dont il rêve : Elio 2, re-Premier ministre et re-sauveur de la Belgique. À 67 ans. Et alors seulement, Magnette pourra devenir président du PS. Un indice qu’Elio se revoit déjà au 16 ? Alors que Magnette refuse de gouverner avec la N-VA, Di Rupo affirme qu’”il ne faut jamais dire jamais”.

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