Syndicats, gilets jaunes et Marrakech : le point sur les grèves et manifestations de ce week-end

Le week-end s'annonce agité, entre les grèves prévues vendredi, le retour des gilets jaunes à Bruxelles samedi et la détermination des organisations d’extrême droite à marcher contre le pacte de Marrakech dimanche.

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Si le flou demeure autour de la « marche contre Marrakech » prévue dimanche, les organisateurs voulant aller à l’encontre de la décision d’interdiction des autorités bruxelloises, et que les gilets jaunes attendent toujours la réponse de la police à leur demande de manifestation pour samedi, on peut déjà affirmer que le pays tournera quelque peu au ralenti demain. Les syndicats prévoient en effet plusieurs actions ce vendredi à Bruxelles et en Wallonie.

Certains voyant dans l’émergence des gilets jaunes la faillite des syndicats, ces derniers veulent prouver qu’ils peuvent reprendre en main la défense des travailleurs. Et en cette fin d’année marquée par le remaniement d’un gouvernement en bout de parcours, les dossiers chauds ne manquent pas. Outre la colère quant à leur pouvoir d’achat, les travailleurs dénoncent l’échec des négociations sur la pénibilité des métiers entamées dans le cadre de la réforme des pensions. La FGTB, qui se dit surprise du niveau de volonté des travailleurs à faire grève, prévient que des actions coups de poing sont possibles un peu partout. Des entreprises et des zonings pourraient être bloqués, de même que certaines routes. La CSC paralysera par exemple le rond point « du haricot » à Tournai, sensibilisant les automobilistes à la problématique des métiers pénibles.

Alors à quoi s’attendre ?

Aucun préavis de grève n’a été déposé à la SNCB et les trains devraient rouler normalement dans tout le pays. « S’il devait y avoir des perturbations, elles seront très limitées », signale l’entreprise ferroviaire. A Bruxelles, les usagers de la STIB devraient également pouvoir se déplacer normalement, le réseau n’étant pour l’instant pas touché par les actions syndicales. On note par contre un rassemblent en front commun devant le siège bruxellois de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) aux alentours de 11h.

Les TEC wallons seront eux fortement impactés par l’action syndicale de ce vendredi, principalement à Liège et Charleroi. Deux villes où la FGTB a décrété 24 heures d’arrêt de travail interprofessionnel. A Liège, de nombreuses industries, telles qu’Inbev, Arcelor Mittal ou la FN, s’attendent à des mobilisations. Idem dans certaines entreprises de transport et logistique, comme Lachs ou Swissport. Enfin, le secteur hospitalier au sens large se mobilisera dès 10h devant la clinique Saint-Joseph.

Dans le Hainaut, certaines écoles, vu les difficultés sur les routes et la grève d’une partie du corps professoral, prévoient vendredi une journée sans examen. A Courcelles, une trentaine d’entreprises seront touchées par une action de blocage au cœur du zoning.

Ailleurs en Wallonie, des piquets de grèves sont attendus devant les grandes enseignes. Enfin, les syndicats policiers ont déposé un préavis de grève couvrant les journées de vendredi, samedi et dimanche, dénonçant notamment les violences contre la police et le manque de personnel.

Samedi jaune et dimanche brun ?

De leur coté, les gilets jaunes prévoient de marcher dans Bruxelles pour la troisième semaine consécutive. La police locale de la zone Bruxelles-Ixelles a reçu une demande officielle d’autorisation jeudi dernier auquel elle n’a pas encore répondu. Cette demande a été introduite dans le but d’apaiser les tensions avec la Ville. L’absence de réponse agace les organisateurs mais ne les n’empêche pas d’avoir déjà tracé leur parcours, allant de la place du Luxembourg à la rue de la Loi, et de promettre une atmosphère pacifiste et bon enfant. Samedi dernier, les gilets jaunes avaient manifesté sans autorisation et la tension était montée avec les forces de l’ordre, menant à 450 arrestations administratives et dix arrestations judiciaires.

Enfin, la police de Bruxelles est prête à faire face à ceux qui décident, malgré l’interdiction du bourgmestre Philippe Close, de rallier la capitale pour marcher contre le pacte de Marrakech. « L’ensemble de la région bruxelloise n’acceptera pas une manifestation fasciste », signale le premier échevin Ecolo de la Ville de Bruxelles Benoit Hellings. En attendant, Filip Brusselmans, responsable presse de KVHV Anvers affirme que des bus partant de six grandes villes belges rejoindront quand même Bruxelles dimanche matin. L’appel à manifester a été lancé par plusieurs associations d’extrême droite, dont Schild en Vrienden ou les jeunes du Vlaams Belang. 

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