Soupçons d’ingérence russe au cœur des gilets jaunes

La Russie est une nouvelle fois accusée d'ingérence. Elle s'immiscerait dans le mouvement des gilets jaunes, œuvrant en douce sur les réseaux sociaux contre le gouvernement Macron.

La chaîne Russia Today est soupçonnée d'attiser la colère des gilets jaunes. ©Belga

Alors que rien ne semble apaiser la colère des gilets jaunes après quatre semaines de contestation, le journal britannique The Times dévoile le jeu trouble d’une Russie qui semble opérer dans l’ombre, rappelant les allégations d’ingérence survenues lors du Brexit et de l’élection de Donald Trump. Cette fois, le Kremlin est soupçonné de souffler sur les braises et d’attiser la révolte sociale contre le gouvernement Macron en enflammant les réseaux sociaux. Au point que Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, a annoncé dimanche le lancement d’une enquête.

Le Times, qui se base sur les analyses de la société américaine de cybersécurité New Knowledge, signale que plus de 200 comptes Twitter rattachés à la Russie participent à maintenir le chaos en publiant quotidiennement des photos et des vidéos représentant des supposés gilets jaunes malmenés par les forces de l’ordre. Des documents rapidement identifiés comme faux, provenant d’autres événements ou manifestations. L’agence Bloomberg relaye, elle, une autre analyse menée par Alliance for Securing Democracy qui fait état de quelques 600 comptes, plutôt habitués à promouvoir les idées du gouvernement russe et à commenter l’actualité américaine, boostant le hashtag #giletsjaunes en tête des sujets Twitter.

Fausse généralité

Les médias russes (et financés par le Kremlin) Russia Today et Sputnik sont mis en cause, étant liés à une large part de ces centaines de comptes Twitter et martelant, depuis le début de la crise, que les forces de l’ordre auraient rejoint les gilets jaunes et tourné le dos au gouvernement. Face à Bloomberg News qui a relevé leur manque de preuve, ils ont tous deux reconnu se baser sur les quelques témoignages récoltés auprès d’une minorité de syndicalistes hostiles au Président Macron pour généraliser la solidarité des policiers envers les manifestants. Le porte parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a rejeté ces accusations. « Nous ne nous sommes pas immiscés et nous n’ingérerons pas dans les affaires intérieures d’un pays tiers, dont la France ».

C’est peu dire que la contestation française fait l’objet de nombreuses réactions à l’international, d’Erdogan à Salvini en passant par Trump et Steve Bannon, des dirigeants considérés comme populistes qui ont le don d’énerver la ministre française de la Santé Agnès Buzyn. « Je suis hors de moi quand j’entends ces politiques extrêmes qui profitent de la situation au lieu d’espérer l’apaisement. C’est de l’ingérence, ce sont des gens qui profitent d’une situation pour justifier leur propre politique qui est anti-climat, totalitaire », a t-elle pesté sur LCI.

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