Les migrants ne sont pas un problème réel, juste une menace fantasmée

Les migrants rendent fou. Pire, ils empoisonnent la démocratie, les citoyens, les partis.

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Chacun jugera s’il faut regretter le gouvernement Michel. Discutons plutôt de la déraison de l’affaire. Dans un précédent édito, nous avions démontré que la migration était contenue et que même sa disparition totale ne pourrait changer le montant des pensions ou des allocations. Les migrants ne sont pas un problème réel, juste une menace fantasmée au pouvoir de persuasion XXL pour ne pas dire universel.

C’est sur cette séduction vénéneuse que la N-VA a lancé sa campagne un mois et demi avant la date officielle. Sortir du gouvernement était son droit, mais cette championne d’un libéralisme décomplexé l’a fait sur un argument et avec des moyens empruntés à la droite extrême. On avait connu les dérapages de Theo Francken, mais rien de comparable à cette campagne censée expliquer le Pacte sur les migrations. Rien non plus ne correspondait à son contenu réel dans ces messages pour les réseaux sociaux.

En refusant le Pacte, la N-VA, qu’on le veuille ou non premier parti de Belgique, voulait qu’on se range auprès de pays dont on n’envie pas le modèle démocratique (les USA de Trump, la Hongrie, l’Autriche…). En forgeant des fake news, elle a annoncé que sa campagne serait cyniquement populiste, basée sur la peur et la haine, car ce tort fait à la vérité lui apporte beaucoup de crédit auprès de certains électeurs. On devrait oser écrire une majorité d’électeurs.

Récemment, une enquête d’Amnesty International montrait que moins de un Belge sur cinq était solidaire des migrants. En France, des gilets jaunes ont dénoncé des illégaux à la police. Il y a dix jours dans le À votre avis de Sacha Daout, certains jalousaient l’attention qu’on portait aux migrants. Quand un syndicaliste remonté et par ailleurs fréquentable relaie sur Facebook des messages venus du Vlaams Belang, il y a de quoi s’interroger. Quand des gens en difficulté se défoulent sur encore plus démunis, il y a urgence. Passé un certain point de colère, de sentiment d’inutilité et de peur de l’avenir, la démocratie solidaire ne semble plus pouvoir exister.

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