Faire croire à l’existence de Saint-Nicolas: bonne ou mauvaise idée?

Faut-il mentir à ses enfants sur l’existence du Grand-Saint ? Et, si oui, quand faut-il passer au confessionnal et leur révéler que personne ne descendra de la cheminée cette année ?

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Les étalages des grandes-surfaces et des marchands de jouets nous le rappellent depuis des semaines, ce jeudi c’est la Saint-Nicolas. Une journée de bonheur pour les enfants… et un moment délicat pour les parents dont les marmots commencent à se poser des questions.

Souvent, pour se sortir du traquenard, beaucoup d’adultes ont pour réflexe de sortir une phrase formatée du genre : « Mais si, bien sûr qu’il existe mon poussin !« . Même Siri, le système de recherche vocal instantané développé par Apple, botte en touche en répondant de manière confuse à la question : « Disons que je ne suis pas seul à savoir si vous avez été sage cette année. » Le degré zéro de l’argumentation et, de l’avis de certains psychologues de l’enfance, une mauvaise réaction.

Réagir de la sorte nuirait au développement de la pensée critique des petits. À la place de nier l’évidence, il conviendrait mieux de raconter aux enfants la véritable histoire de l’évêque de Myre. Libre ensuite aux enfants de l’interpréter et de décider si le personnage existe vraiment ou pas. Une forme de lâcheté ? Non, on peut toujours emmener ses enfants voir le Saint-Nicolas du centre commercial du coin en expliquant que c’est un « acteur » dans un costume mais que, même si ce n’est pas le personnage authentique, ce sera quand même sympa de prendre une petite photo avec lui pour obtenir des sucreries.

Répondre avec honnêteté et maturité

Les enfants sont d’une nature profondément curieuse. Chaque jour, ils veulent en apprendre plus sur le monde et leurs parents leur paraissent naturellement comme des puits de savoir desquels ils sont en droit d’attendre des informations correctes. Forcément, lorsqu’ils apprennent qu’on leur a menti sur l’existence de Saint-Nicolas, leur confiance est trahie. Le choc est inévitable et la plupart des enfants sont déçus ou déconcertés en apprenant la vérité. Mais ils finissent cependant par l’accepter… Si, en revanche, les parents continuent à perpétuer le mythe alors que l’enfant le remet cause, cela peut engendrer une rupture de confiance et même des traumatismes psychologiques douloureux dans certains cas extrêmes !

La clé est de répondre aux questions des enfants de manière mature et honnête. Il faut être prêt à lâcher le morceau dès que les enfants commencent à comprendre les règles du jeu. Généralement, cela se produit entre 7 et 9 ans, âges où ils atteignent le « concrete operational thinking« , étape essentielle dans le développement de la pensée cognitive et au cours de laquelle leurs pensées se structurent et s’organisent mieux entre elles. Ils deviennent suspicieux et se rendent progressivement compte que c’est tout de même compliqué pour un seul individu de passer par les cheminées du monde entier en une seule nuit…

Bien qu’ils ont tendance à en avoir légèrement peur avant 4 ans, rencontrer (un) Saint-Nicolas est souvent un moment de pur bonheur pour les plus petits qui ne remettent nullement en cause son existence. Il serait dommage de se priver de cette tradition à la morale positive – polémiques « Père Fouettard » exclues – et qui se perpétue depuis des générations alors que les digital natives ont aujourd’hui la vérité à portée de doigt avec internet sur les smartphones de maman ou papa.

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