Leurs petits-enfants après eux

Écharpe verte, gilet jaune, Black Friday, peut-on associer ces accessoires à la mode ?

© Belga Image

Dimanche au JT de RTL, Luc Gilson était fier de son introduction : “Contre le vent et la pluie, ils ont marché pour le climat”. Il aurait pu préciser qu’il faisait 15°. À Bruxelles, un 2 décembre. C’est le problème avec le réchauffement climatique, on n’a pas toujours à s’en plaindre. Certes, le niveau de la mer monte. Canicules, inondations et sécheresses se multiplient, mais il est difficile de s’inquiéter quand on passe l’été en terrasse. Ils ont quand même été autour de 75.000 (cinq fois plus que neuf ans plus tôt) à défiler pour faire la différence entre le barbecue des voisins et ce qui nous attend.

Et il y a de quoi désespérer. Le sommet de la COP 24 doit ces jours-ci boucler les règles pratiques pour parvenir en 2020 à ce que les 196 États membres (les USA et le Brésil vont en sortir) se sont promis il y a déjà cinq ans. En attendant, on n’a jamais autant émis de CO2 et la température n’a encore monté que de 1 degré. Si on continue, en 2100, on aura gagné 3,2° et perdu la partie.

Pour parvenir à rester sous les 2°, il faudra tripler nos efforts, les quintupler pour s’arrêter à 1,5°. Ce ne sera pas simple. Les gilets jaunes ont rappelé que, plus urgent que la fin du monde, il y a les fins de mois. On peut comprendre le désarroi de ceux qui n’y arrivent plus et qui ne se consolent pas de s’être sauvés du réchauffement en 2050 s’ils “crèvent de faim” avant. Ce n’est évidemment pas les accises sur le carburant que combattent les gilets jaunes, c’est la fragilité de leurs revenus face au coût de la vie. On parle beaucoup de la nécessité d’allier social et écologie. Là aussi, il faudra trouver des règles miraculeuses. Dans le monde, 500 milliards sont annuellement dépensés en publicité. Après ça, difficile d’en vouloir aux plus démunis de rêver d’enfin consommer plus. Il faut changer le système. C’est le bon sens, mais quel politique va inscrire la décroissance à son programme et bousculer les habitudes, le confort et le pouvoir d’achat de ses présents électeurs au nom de leurs petits-enfants ?

Cet article est issu de notre magazine papier. Pour plus d’infos qui piquent, rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

Sur le même sujet
Plus d'actualité