Shirley, travailleuse du sexe dans un pays contaminé par le sida

Shirley est travailleuse du sexe à Capetown, en Afrique du Sud. Rencontre en cette journée mondiale de lutte contre le SIDA, alors qu'une personne malade sur quatre ignore son état dans le monde.

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Ce samedi, c’est la journée mondiale de lutte contre le SIDA. ONUSIDA en appelle à un meilleur accès aux texts HIV. C’est une terrible lutte. Aujourd’hui, sur les 36,9 millions de personnes contaminées par le virus HIV, une personne sur quatre ignore son état.

Voici à quoi ressemble un travailleur du sexe

Shirley porte un tee-shirt avec un slogan en grand : « this is what a sex worker looks like ». Elle a enveloppé ses formes généreuses dans une longue robe verte. Elle porte des anneaux dont la fausse dorure s’est usée. Pendant l’échange avec le ministre De Croo venu visiter l’ONG « Sweat » ( « Sex workers education &adovacy taskforce), elle se lèvera trois fois. Elle a besoin de bouger. De chanter, de danser. Elle rit et serre très fort dans ses bras. Le ministre de la coopération, Alexander De Croo (Open-VLD) s’est envolé en Afrique du Sud. Il s’est arrêté au Cap vendredi pour visiter des projets des Nations Unis qui luttent contre la maladie.

« Tu prends l’argent et tu fermes les yeux »

Ses yeux brillent quand elle partage un peu de sa vie avec tout au fond une détresse infinie. Elle refuse les photos, ne veut même pas parler hors caméra. C’est dans un silence isolé qu’elle accepte de se dire, un peu. Parce qu’elle veut parler en vérité, dit-elle. « Je hais les hommes », murmure-t-elle. « J’ai été exposée à beaucoup, souvent. Je fais les tests. Dieu m’a donné cette chance jusqu’à aujourd’hui, ils sont négatifs. Aucun client ne veut le préservatif, c’est la vérité. Alors tu prends l’argent et tu fermes les yeux. »

Les clients sont prêts à payer beaucoup plus cher pour éviter le latex. Certains se montrent violents ou agressifs sur cette question. Sweat essaie d’éduquer les travailleurs du sexe pour qu’ils se protègent. Mais sur le terrain, c’est très difficile. Shirley dit qu’elle a peur, qu’elle boit pour oublier. « Je demande souvent à Dieu ce que je fais dans ce monde ».

Un sud-africain sur cinq contaminé

A travers le monde, le nombre de contaminations par le HIV recule. Depuis le pic de contaminations enregistré en 1996, le nombre de nouvelles infections a diminué de moitié. L’an dernier, on a tout de même dénombré 1,8 millions de nouvelles contaminations. L’Afrique du Sud reste un pays où le taux de contamination au VIH est le plus élevé au monde. Près de 19% de la population sud-africaine, soit 7, 1 millions de personnes est contaminée par le virus. En Belgique, 15 000 personnes sont en traitement pour le moment et le nombre de contaminations a diminué d’un tiers. Mais en Afrique du Sud, 7,1 millions de personnes sont infectées, soit près d’une personne sur cinq.

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