Bernardo Bertolucci est mort

Le réalisateur du Dernier tango a Paris s'est éteint ce matin. Il avait 77 ans et une filmographie qui comprenait plus d'une œuvre.

© Gianfilippo De Rossi/Polaris/Photo News

La parution en septembre du livre d’Alexandra SchneiderTu t’appelais Maria Schneider – a réactivé le dossier « Dernier tango à Paris ». Dans ce film – dit scandaleux et qui a fait courir les foules en 1972 – dans lequel Bernardo Bertolucci, complice de Marlon Brando, filme une scène de sodomie… L’actrice – feu Maria Schneider – dénonce la séquence comme un guet-apens et dit l’avoir vécue comme un viol. Un traumatisme dont on dit qu’il a – sinon dicté – accentué le comportement autodestructeur de Maria Schneider, et une affaire que Bertolucci, qui a fini par faire amende honorable, trainait comme une casserole.

Car la carrière de ce cinéaste italien, figure phare de la nouvelle génération des années 70, ne peut pas se résumer au Dernier tango à Paris, même si le film reste emblématique des courants de pensée de l’époque – sur la liberté sexuelle, notamment. Bertolucci, ex-assistant de Pasolini, collaborateur de Sergio Leone, démarre sa carrière avec des films qui auscultent l’histoire de l’Italie – Prima della revoluzione (sur la bourgeoisie tentée par les idées marxistes – ou Le conformiste (autour de l’adhésion au fascisme.) L’histoire de l’Italie qu’il va creuser et analyser dans 1900, fresque au budget faramineux qui met en scène un duo de haut standing – Robert De Niro et Gérard Depardieu.

La suite sera rythmée par des superproductions américaines qui dévoilent une autre facette de l’homme – moins politique (quoi que…), plus spirituelle. Le dernier empereur, Un thé au Sahara, Little Buddha marquent la fin des années 80 et les années 90. En 2011, il reçoit à Cannes la Palme d’or pour l’ensemble de son œuvre. Il avait 77 ans, atteint d’un cancer, il est mort ce matin.

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