Les poltrons du Brexit

Le Brexit n’est même plus un chaos. C’est devenu une mascarade nationaliste…

Boris Johnson © Belga Image

Le Brexit “doux” de Theresa May, c’est à peu près ceci : quitter l’Europe, mais maintenir avec elle ses liens économiques. Le beurre du Brexit et une rawette d’argent du beurre. Parce que la facture sera de toute manière salée pour le Royaume-Uni. Bruxelles n’exceptera rien d’autre. Ou alors un Brexit “dur”, et la facture sera encore plus abyssale. Dans les deux cas : une ruine pour les Britanniques. Et donc que font-ils, les valeureux nationalistes excités du Brexit ? Ils révèlent ce qu’ils sont : des pleutres. Sachant qu’ils n’auront ni le beurre, ni un penny d’argent du beurre, ils s’éclipsent. À grosses pelletées : 12 ministres pro-Brexit ont démissionné depuis le début des négociations. Cinq encore jeudi dernier.

La sortie européenne du Royaume-Uni n’est même plus un fatras politique. C’est une mascarade pathétique. Que pouvait-elle être d’autre, d’ailleurs, puisque le soi-disant référendum du Brexit était un mensonge. Un défilé de carabistouilles populistes. La plus couillue de ces fake news – donc la plus efficace – était l’œuvre de Boris Johnson, ex-maire de Londres. Star folklo des pro-Brexit, il prétendait que son pays était “volé” par l’UE de 350 millions de livres par semaine. Omettant bien sûr de préciser que l’Europe rétrocédait l’argent versé dans des gros investissements au Royaume-Uni. Mais ils l’ont cru, les petits vieux et quelques autres, quand ce bonimenteur promettait de récupérer ce “vol” européen pour réinjecter 200 milliards dans la (catastrophique) politique de santé britannique. Ils ont aussi cru toutes les fumisteries de Nigel Farage, l’autre guignol de la supériorité britannique sur le reste du monde. Et en 2016, ils ont voté le Brexit.

Mais quand il a fallu affronter la réalité des vrais chiffres et avouer qu’on n’avait pas de solution pour la frontière Irlande-Nord-Sud, les poltrons du pro-Brexit ont disparu du gouvernement. Boris Johnson le premier. Les jeunes Britanniques avaient largement voté leur maintien dans l’Union européenne. Maintenant que les menteurs sont désignés et que les vérités d’un Brexit suicidaire sont connues, le moindre des respects pour leur avenir serait d’organiser un deuxième référendum. Un vrai, cette fois.

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