Pourquoi les trains sont-ils en retard ?

Plusieurs associations dénoncent les retards fréquents et persistants des trains belges. Elles estiment que “la ponctualité continue de se dégrader ou de se maintenir à un niveau beaucoup trop bas“. Mais au fond, quelles sont les raisons qui entraînent de tels retards ?

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“Malgré des avancées en matière de transparence des chiffres, notamment avec le développement de l’outil Mobipulse qui permet de mettre le focus sur la ponctualité aux heures de pointe, la situation continue de se dégrader“. Navetteurs.be, TreinTramBus, Inter-Environnement Wallonie et Test Achats tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme. Les trains sont en retard (ça, ce n’est pas nouveau), mais la situation semble se dégrader (ça, c’est pas top). Pour calculer ce taux de ponctualité, les différentes organisations ont comparé la période février-octobre 2017 à celle de février-octobre 2018, en mesurant la ponctualité des trains à l’arrivée, à l’exception des week-ends. Si cette façon de calculer n’est pas la même que celle d’Infrabel et de la SNCB, les résultas sont similaires : les trains sont de plus en plus en retard. Pour expliquer cette problématique, la SNCB et l’association navetteurs.be relèvent des causes externes et internes. 

Les facteurs externes

Officiellement appelées les « faits de tiers », ces causes sont indépendantes de la volonté de la SNCB et d’Infrabel et sont responsables d’environ 40% des retards (50 selon les mois).

Il s’agit ici des vols de câbles (en recrudescence, ceux-ci coûtent très chers), des accidents de personnes, des imprudences aux passages à niveaux ou encore des personnes circulant le long des voies et qui obligent le conducteur à freiner pour stopper le train (ce qui entraîne un effet boule de neige inévitable). « On ne peut pas ignorer la grande influence des causes externes sur la ponctualité, même si on sait qu’on a aussi une part dans les retards », explique Elisa Roux, porte-parole de la SNCB. « La ponctualité n’est pas acceptable pour le moment, mais on ne peut pas agir sur tous les facteurs, comme les vols de câbles par exemple », continue-t-elle.

Les facteurs internes

Avec 3.700 trains circulant par jour sur les rails, des problèmes font inévitablement surface. Les facteurs internes concernent la SNCB et son gestionnaire d’infrastructure Infrabel (responsable des voies, de la signalisation, et des cathéters).

« La grande partie des retards qui nous sont imputables concernent les pannes sur le matériel », explique Elisa Roux. Pour Gianni Tabbone, président et porte-parole de navetteurs.be, il y a clairement un problème d’entretien: « L’infrastructure n’est plus entretenue comme elle le devrait, et ce depuis plusieurs années. Idem pour le matériel roulant : les trains tombent de plus en plus en panne ». Selon lui, résoudre ces problèmes internes diminuerait facilement de moitié les retards.

Côté SNCB, on nous assure que des investissements sont faits dans cette optique :  « On investit dans de nouveaux ateliers qui vont rendre plus efficace et plus rapide la réparation de nos trains, ce qui aura un impact sur le taux de disponibilité du matériel. Dès lors, si un matériel tombe en panne, on pourra plus facilement le remplacer. On investit aussi dans de nouvelles techniques, comme la télémétrie, soit un système d’entretien pour anticiper les pannes. Enfin, on investit aussi dans du nouveau matériel, mais cela prend du temps. On a commandé de nouveaux trains qui seront moins susceptibles de tomber en panne », détaille la porte-parole.

Un manque de moyens ?

Dans leur communiqué, les associations demandent que des moyens supplémentaires soient dégagés pour faire face aussi bien aux causes externes qu’internes. Mais selon la SNCB, le manque de ponctualité des trains n’est pas dû à un manque de moyens. « On doit faire des économies, mais on ne les fait pas sur tout ce qui concerne la ponctualité et la sécurité. Au contraire, on investit là-dedans, mais ce sont des choses qui prennent du temps », assure Elisa Roux.

Une réponse qui peut surprendre… « Avant, il y avait des techniciens qui pouvaient intervenir sur le matériel roulant à plusieurs endroits, ce qui n’existe plus actuellement. Dès qu’un train est en panne en cours de parcours, il est supprimé car il n’y a personne pour le réparer« , note Gianni Tobbone. « Quand on parle de moyens, on parle de moyens financiers et humains ; les deux vont de pair ». En attendant que les deux parties se mettent d’accord sur le nœud du problème, il semblerait que le navetteur doive encore patienter…

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