Pourquoi la grogne couve toujours chez bpost?

Après le blocage de la semaine dernière, les employés de bpost pourraient reprendre la grève faute d’accord entre les syndicats et la direction. Mais qu’est-ce qui cloche vraiment à la poste?

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Lundi, le front syndical commun (ACOD Post, CGSP Poste, ACV-Transcom, CSC-Transcom et SLFP-VSOA) et la direction de bpost ont annoncé par communiqué qu’ils avaient abouti à “un préaccord concret en vue de rétablir la confiance et donner priorité au bien-être du personnel” de l’entreprise… Préaccord déjà rejeté hier par le syndicat chrétien CSC, tandis que la CGSP a indiqué qu’elle ne le défendrait pas.

En attendant une nouvelle réunion commune des syndicats demain, des employés ont déjà repris de la grève ci et là en Wallonie (Charleroi, Mons, Soignies, Mont-Saint-Guibert, Boussu, Dour, Tournai, Andenne, Jumet, Anderlecht, Awans, Waremme, Villers-le-Bouillet, et partiellement Visé). Mais qu’est-ce qui cloche vraiment à la poste actuellement ? « La question, c’est plutôt qu’est-ce qui cloche chez bpost depuis des années ? », soupire Alain Faveaux, permanent national CSC-Transcom.

Le Front commun syndical critique un « management qui donne une priorité absolue aux actionnaires ». Les discussions avec la direction ont principalement abordé trois thématiques inter-liées jugées « prioritaires » par les syndicats : la surcharge de travail des employés, les conditions de travail et le manque de personnel. « Quand on voit l’ampleur du mouvement de grève, c’est la meilleure preuve du ras-le-bol généralisé des travailleurs. On parle beaucoup du mécontentement des facteurs, mais c’est l’ensemble du personnel qui souffre. »

Bpost a annoncé vouloir rapidement engagé un millier de travailleurs pour venir en aide au personnel en place. Un nombre à relativiser selon le syndicaliste. « J’ai lu certains articles triomphalistes dans la presse dans lesquels la direction de bpost se félicite de proposer 1000 emplois supplémentaires pour la période des fêtes. Mais sur ce nombre, 900 personnes seront engagés comme simple renforts intérimaires. » L’année passée, ce personnel saisonnier oscillait entre 700 et 750 travailleurs estime Alain Faveaux. On ne peut donc pas parler dun geste extraordinaire de la part de la direction… « Quant aux 100 personnes qui seront engagés sur la durée, est-ce qu’on les trouvera vraiment partout où en a besoin ? Je me le demande. »

Des bureaux ouverts « à mi-temps »

La poste se vante de posséder au moins un bureau de poste dans chaque commune de Belgique. Pourtant, les horaires d’ouvertures sont parfois très réduits… « Oui, la poste couvre l’ensemble du territoire, mais pas en permanence. Bpost fait travailler le même employé sur deux bureaux différent, le matin dans une commune et l’après-midi dans une autre. À titre personnel, j’estime que le bureau doit-être ouvert du matin au soir. »

Pour répondre un maximum aux demandes des clients, de nombreux guichetiers arrivent donc le matin en avance sur leur horaire et reparte plus tard le soir. « Ils n’en peuvent plus », déplore Alain Faveaux. « Les postiers adorent leur boulot et ne demandent qu’à travailler et qu’on leur donne les outils pour faire un travail correct rémunéré à sa juste valeur. Beaucoup de gens font des heures supplémentaires mais on ne les soutient pas. Ils n’osent pas non plus discuter avec leur manager de peur de perdre leur job… Certains managers profèrent des menaces de C4! On peut mieux comprendre la révolte de beaucoup de postiers. »

Si la direction et les syndicats ne s’entendent pas rapidement, il faudra peut-être trouver une alternative aux traditionnelles cartes de vœux pour souhaiter un joyeux Noël et bonne année à ses proches.

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