Le taux de fécondité a diminué de moitié dans le monde depuis 1950

En Belgique, la moyenne s'établit à environ 1,7 enfant par femme. Si la situation ne change pas, les pays Européens vont voir leurs populations décliner.

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Si vous avez vu la série dystopique The Handmaid’s Tale, qui développe les coulisses d’un monde (très violent) où la majorité des femmes ne peuvent plus procréer, cette étude devrait particulièrement vous faire écho. Il semblerait que la fiction ait rejoint la réalité. En effet, selon une enquête publiée dans The Lancet, le nombre d’enfants par femme a globalement diminué de moitié depuis 1950.

En comparant 195 pays, les chercheurs ont constaté que, bien que la population mondiale ait pratiquement triplé, passant de 2,6 milliards à 7,6 milliards, le taux de fécondité est passé de 4,7 naissances par femme en 1950 à 2,4 en 2017. Au delà du fait que les femmes ont désormais un meilleur accès à l’éducation, à l’emploi et aux services de santé, la baisse du taux de fécondité a été attribuée à un meilleur taux de survie infantile et à une augmentation de l’âge moyen du mariage. Près de la moitié des pays sondés dans cette étude connaissent un « effondrement des naissances », dans lequel les taux de natalité sont tombés au-dessous des niveaux nécessaires pour maintenir la taille de leur population.

 

Selon l’indice de fertilité, soit le nombre moyen d’enfants qu’une femme met au monde au cours de sa vie, chaque fois que le taux d’un pays passe sous la barre des 2.1, la population commence tout doucement à diminuer. Il y a évidemment d’énormes différences entre les pays. Le taux de fécondité au Niger, en Afrique de l’Ouest, est de 7,1, mais à Chypre par exemple, les femmes ont en moyenne un enfant. En Belgique, le taux est de 1,7 naissances, similaire à celui de la plupart des pays d’Europe occidentale.

«Le monde est vraiment divisé en deux groupes», explique le Dr Christopher Murray, auteur de l’étude et directeur de l’Institute for Health Metrics and Evaluation de l’Université de Washington. «D’ici une génération, le problème ne concernera pas la croissance démographique. Il s’agira du déclin de la population ou de l’assouplissement des politiques d’immigratio

 

Dans les pays qui souhaitent augmenter les taux de fécondité, la création d’incitations financières pour les familles, y compris les congés parentaux, a eu un effet limité, a déclaré Murray. Selon le rapport, seuls 33 pays, principalement en Europe, ont connu une baisse de population entre 2010 et 2017.Selon les prévisions de cette étude

«Dans les prochaines décennies, si rien n’est fait, il y aura très peu d’enfants et beaucoup de personnes âgées de plus de 65 ans. Dans ces conditions, il risque d’être très difficile de maintenir l’équilibre de la société mondiale. Il faut penser aux conséquences sociales et économiques profondes d’une société structurée de la sorte, soit qui compterait plus de grands-parents que de petits-enfants. »

« Le pays qui est probablement déjà le plus touché par cette situation est la Chine, où le nombre de travailleurs commence à diminuer, ce qui a un effet immédiat sur le potentiel de croissance économique » explique ainsi le Dr. Murray. La situation est similaire dans 91 des pays étudiés sont inférieurs à ce niveau, ce qui signifie que leur population diminuera si rien ne se passe. La diminution de la fécondité dans les pays développés s’explique principalement pour trois raisons: la baisse de la mortalité infantile, l’accès accru à la contraception et la présence généralisée des femmes dans le monde professionnel, qui pousse à retarder l’âge de leur premier accouchement.

 

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