Un livre, de la réalité virtuelle, un docu: les commémorations, c’est ce week-end

Les commémorations du 11 novembre peinent à attirer le public. Pourtant, plusieurs sorties culturelles et œuvres sont dédiées à la Grande Guerre. Petite sélection non-exhaustive de la rédaction de Moustique.

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Le livre : Frère d’âme de David Diop

Alfa Ndiaye, jeune tirailleur sénégalais, raconte le cauchemar des tranchées, la perte de son “presque frère”, Mademba Diop, qu’il refuse d’achever au champ de bataille et ramène au camp, débordant de ses viscères.  Une mort qui pousse Alfa à s’attaquer à l’ennemi en collectionnant des mains tranchées, sordides trophées de guerre et triste consolation. Dans le sprint final pour le Goncourt, un texte qui voyage du champ de bataille à l’Afrique et dont la magie pure contraste avec la cruauté de son sujet.

Cité sur toutes les listes des prix littéraires de cet autonomne (Renaudot, Goncourt), David Diop est revenu bredouille. Son magnifique roman vaut pourtant la peine d’être lu et encensé. 

Le film : La vie et rien d’autre de Bertrand Tavernier

Tavernier en forme pour ce constat sur le carnage de 14-18 à travers le travail de recensement des disparus, tâche réalisée par le commandant Delaplane qui croise le chemin d’Irène. Face-à-face Philippe Noiret-Sabine Azéma resté dans les mémoires.

La BD : Putain de guerre ! de Tardi et Verney

Il a fallu deux tomes à Tardi et Verney pour arriver à bout de ce projet ambitieux: raconter la boucherie des tranchées, la gueule dans la boue et la fraternité un peu plus perdue dans chaque explosion. Une bande dessinée réaliste, soutenue par le trait inimitable du créateur d’Adèle Blanc-Sec.

L’expérience en réalité virtuelle : #11.11.18 

La RTBF vous propose de revivre, comme si vous y étiez, le 11 novembre 1918. Jour où l’armistice est signée à 5h15, mais où le cessez-le feu n’est effectif que six heures plus tard. Pendant 12 minutes, le spectateur est plongé dans un voyage immersif où il incarne un caporal au cœur de la Grande Guerre. Pas besoin de casque de réalité virtuelle. Seul un ordinateur ou un smartphone et des écouteurs suffisent.

Le documentaire : Apocalypse, la paix impossible d’Isabelle Clarke et Daniel Costelle

Les deux réalisateurs construisent les documentaires de leur série Apocalypseen puisant dans les images d’archives, ici colorisées. Pour celui-ci – Apocalypse, la paix impossible -, ils se penchent sur l’après-guerre… De l’Armistice à 1926, les nations et les peuples ont tenté de reconstruire, de tirer des leçons, d’instaurer une paix, quitte à l’imposer aux vaincus. Et ça craque de partout. On assiste, de minute en minute, à une défaite annoncée, celle de l’espoir de réinventer le monde et la société. – À voir à 20h50 le 9/11 sur la Une.

L’expo : Bruxelles, novembre 1918

Photos, films, archives composent l’essentiel de cette expo qui raconte le quotidien de Bruxelles en novembre 1918. Comment la capitale fait face au retour des soldats, aux problèmes de santé et au flux migratoire. De la distribution de la soupe aux cartes du front, en passant par la liste des courses et les sujets qui faisaient la une des journaux, une scénographie sobre mais efficace pour comprendre comment la capitale a vécu le retour à la paix. À voir jusqu’au 6/01 au Musée BELvue de Bruxelles.

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