La Belgique est un acteur majeur du commerce illégal des espèces protégées

Par sa situation centrale, la Belgique sert de porte d'entrée pour de nombreux trafics d'animaux et de leurs produits. C'est ce que pointe un nouveau rapport du WWF.

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Les populations d’animaux sauvages se sont effondrées. Les chiffres de ce déclin, dévoilés la semaine dernière par le WWF, font froid dans le dos: 60% des vertébrés ont disparu en 44 ans. Les tortues, les tigres, les éléphants, les rhinocéros, les grenouilles, les baleines,… Tous feront bientôt partie du passé si rien n’est fait pour enrayer cette dégringolade. L’Indice Planète Vivante dévoile en effet que le rythme actuel d’extinction des espèces est aujourd’hui 100 à 1.000 fois supérieur à celui qu’a connu la Terre avant que l’Homme ne l’ait (presque) entièrement colonisée.

Les raisons de ce déclin ? Des habitats dégradés, réduits à leur minimum. Mais aussi le trafic de certaines espèces, qui prend de plus en plus d’ampleur. Défenses, peaux, cornes, têtes,… De nombreux pays prêtent d’étranges vertus à différentes parties du corps de ces animaux, ce qui les rend extrêmement précieuses. Quand ils ne sont pas tout simplement capturés, transportés et revendus vivants, comme c’est le cas du pangolin ou de nombreux petits marsupiaux. Ce commerce illégal constitue l’un des marchés les plus lucratifs au monde. Selon un nouveau rapport du WWF publié le 7 novembre «Par sa situation centrale, la Belgique occupe une position clé [dans ce trafic]. Cependant, les informations sur les tendances et le rôle concret de la Belgique dans ce commerce des espèces restent limitées et peu accessibles.»

L’organisation de défense de la nature pointe ainsi que «Les revenus élevés et les faibles risques font que ce commerce illicite figure aujourd’hui parmi les dix secteurs criminels transfrontaliers les plus rentables au monde (au même titre que le trafic de marchandises contrefaites, de drogues et d’armes).» En 2014, les importations d’animaux et leurs produits ont été estimées à 641 millions d’euros, alors que l’UE en a pour sa part réexporté pour environ 1,1 milliard d’euros. «L’aéroport de Zaventem est, pour les vols commerciaux, l’un des 15 aéroports européens les plus fréquentés et Anvers se classe au deuxième rang en termes de fret maritime. Des plaques tournantes si fréquentées créent des opportunités tant pour le commerce légal d’espèces sauvages que pour le trafic illégal.»

Selon ce même rapport, l’analyse du commerce légal démontre que la Belgique est un importateur important de produits à base de reptiles en Europe, en particulier de viande de crocodile du Nil pour le marché national et/ou européen. Les autres produits commercialisés via la Belgique sont le caviar, les amphibiens et les sculptures en dents d’hippopotame. Pour enrayer la machine, le « WWF demande aux autorités belges d’accorder à la lutte contre le commerce illégal des espèces une plus grande priorité dans l’agenda politique en raison de son impact majeur sur la biodiversité et de son lien avec la criminalité internationale. Le commerce des espèces sauvages nécessite une approche interministérielle et intersectorielle. » Or, la diversité de la faune et de la flore est essentielle à la survie de l’homme. Il est essentiel d’agir.

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