Les prochaines élections U.S. concernent toutes les démocraties " blanches "

Trump MAGA rally dans l'Indiana © Photonews

Ce mardi 6 novembre, par un vote direct, les électeurs inscrits vont renouveler le Congrès américain. Dis comme ça, cela n’emballe guère. Mais il vaut mieux comprendre ce qui nous pend au nez. C’est d’abord en effet une affaire intérieure, un étrange twist d’une Constitution obsédée par la mise en place de contre-pouvoirs pour empêcher qu’un Président et son parti décident sans retenue. Déjà fragilisé par la brièveté de son mandat (4 ans), le chef suprême doit en plus composer à mi-mandat avec un scrutin. Ces dernières décennies, il a souvent servi de vote protestataire et mis en place, au Sénat ou à la Chambre des Représentants, une majorité qui a compliqué voire bloqué ses réformes (les deux chambres doivent s’aligner pour voter les lois et le budget). Obama a connu ça. Demain ce devrait être le tour de Donald Trump, du moins selon des sondages dont on a appris à se méfier. Alors tâtons la température ambiante.

L’économie américaine va bien (croissance en hausse, chômage au plus bas depuis les 70’s). L’héritage Obama et la reprise mondiale ont été dopés à coup de dépenses militaires et de baisses d’impôts pour les entreprises. Une relance qui s’inquiète si peu du déficit creusé que Trump vient de promettre des réductions d’impositions pour les classes moyennes. L’annonce est gratuite puisqu’aucun projet de loi ou de séance n’est prévu avant les élections de mi-mandat. C’est que Trump est prêt à tout. Son mythe de gagnant et les superlatifs dont il accompagne ses actions ne peuvent souffrir la défaite. Il s’implique donc à fond dans une campagne deux fois plus polarisée autour de la figure du Président que sous Obama. Certes, sa personnalité est un facteur de division. Les récents envois piégés envoyés à ses détracteurs et la tuerie antisémite de Pittsburgh ont en plus rappelé que ses discours avaient coupé l’Amérique en deux. Mais l’actualité lui donne aussi un argument pour fanatiser ses troupes. La marche des milliers d’Honduriens fuyant leur pays pour se réfugier aux États-Unis lui donne l’occasion de rappeler l’intransigeance de sa politique d’immigration et de relancer l’idée de son mur sur la frontière mexicaine. Il répond là aux peurs d’une population blanche qui ne se fait pas à l’idée de ne plus être majoritaire aux USA au plus tard en 2045. Ce thème du déclin résonne aussi fortement en Europe et, désormais, au Brésil. Aux craintes de la mondialisation et de la digitalisation, le populisme oppose des embellies momentanées sans crainte des conséquences futures et des solutions sans avenir (protectorat nationaliste, recarbonisation…). Si Trump remporte cette étape des midterm, il fera encore davantage d’émules. La trumpisation n’est pas seulement un phénomène américain, c’est un exemple menaçant.

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