« Mourir écologiquement » grâce à l’humusation

Parce que même lors de sa mort, un être humain pollue, certains d’entre nous réclament une "mort écologique" à travers l’humusation. Une étude sur la possibilité de développer cette technique en Wallonie est lancée.

Cimetière et arbre © Ashim D’Silva / Unsplash

Se faire enterrer ou incinérer ? Si la question est glauque, la majorité d’entre nous se l’est déjà posée. En Belgique, la plupart des Wallons choisissent l’inhumation (seuls 37% se font incinérer) tandis que 78% des flamands optent pour l’incinération. Mais ces deux seules options possibles en matière de funérailles en Belgique ont un impact sur l’environnement.

883 kilos de CO2

Lors de l’incinération, de nombreuses poussières et émanations toxiques sont rejetées dans l’atmosphère comme de la dioxyne, du monoxyde de carbone, des oxydes de soufre et d’azote, de l’acide chlorydrique et de l’acide sulfurique. Malgré cette longue liste, l’incinération reste toutefois moins néfaste pour l’environnement que l’inhumation. C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude menée par la Fondation des services funéraires de la ville de Paris. Selon celle-ci, l’inhumation équivaut à 3,6 crémations. « En moyenne, un enterrement émet 833 kilos de CO2 ce qui équivaut à 11% des émissions de CO2 d’un Français moyen sur un an, ou 84% d’un aller-retour Paris-New York, ou encore 4023 kilomètres en voiture », résume Sciences Avenir.

Pour calculer ce taux de pollution, l’étude prend en compte toutes les étapes du processus d’inhumation, soit le cercueil de sa fabrication à sa destination finale, le transport du défunt jusqu’au cimetière, la gestion du cimetière et la fin de concession (ossuaire, crémation ou pulvérisation des restes). Le choix de la sépulture représenterait à lui seul 88% des impacts d’une inhumation. En effet, un caveau classique est composé de ciment, gros émetteur de gaz à effet de serre. Et le monument en granit qui surplombe la sépulture est très souvent importé… de Chine.

Face à ce constat, plusieurs personnes recherchent des alternatives. L’une d’entre elles serait donc l’humusation (du mot « humus », soit compost ou terre) Elle consiste à placer le corps du défunt dans un linge, au milieu de copeaux de bois et d’arbres élagués. Sans cercueil donc. Après un an, le corps se transforme en terreau. Cette technique est déjà utilisée au Canada pour le bétail et n’aurait jamais été testée (en tout cas légalement) sur des humains. La Belgique sera-t-elle la première à l’expérimenter sur des corps humains ? Le ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio a en tout cas débloqué 40.000€ pour lancer une étude sur le sujet, en partenariat avec l’UCL. Côté citoyens, la « pétition pour légaliser l’HUMUSATION » sur le site petition24 rassemble à l’heure qu’il est 14.095 signatures.

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